L’Autorité sénégalaise de Radioprotection, de Sûreté et de Sécurité nucléaires (ARSN) a organisé un séminaire de sensibilisation à l’intention des acteurs de la presse. L’objectif central de cette rencontre pionnière est de renforcer les capacités des journalistes à traiter, avec rigueur et pédagogie, les enjeux d’une technologie souvent associée aux dangers, mais qui est un levier de progrès pour le Sénégal.
L’initiative intervient dans un contexte national de diversification énergétique et de croissance de l’utilisation des applications nucléaires civiles.
Le Sénégal est à un tournant stratégique. Mme Aminata Ba, représentante du ministre secrétaire général de la présidence, a souligné l’engagement de l’État à placer la transparence, la pédagogie et la responsabilité au cœur de sa gouvernance nucléaire.
Elle a rappelé que lors du Conseil des ministres du
« Contrairement aux idées reçues, le Sénégal connaît les applications pacifiques du nucléaire civil depuis plus de 60 ans, » a déclaré Mme Ba. Elle a toutefois insisté sur le déficit d’informations qui persiste, associant souvent le nucléaire aux accidents et aux conflits, et non aux bénéfices concrets pour la population.
De la santé à l’agriculture, le nucléaire est déjà au Sénégal
Le Professeur Ndèye Arame Boye Faye, Directrice générale de l’ARSN, a tenu à déconstruire les mythes en détaillant la présence historique et actuelle du nucléaire pacifique dans le pays.
Santé : La radiothérapie pour le traitement du cancer, la mammographie, la radiologie conventionnelle et interventionnelle reposent sur des technologies nucléaires.
Industrie : Les technologies nucléaires ont été utilisées dans l’exploration pétrolière et gazière (diagraphie), ainsi que dans les Bâtiments et Travaux Publics (BTP), notamment via les jauges nucléaires pour la mesure de la densité des matériaux.
Agriculture : L’utilisation d’irradiateurs nucléaires peut jouer un rôle essentiel dans la souveraineté alimentaire en réduisant considérablement les pertes post-récoltes.
Recherche : L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) dispose d’un Institut de Technologie Nucléaire Appliquée formant des experts depuis 1980, en prélude à un potentiel développement de l’électro-nucléaire.
« Le nucléaire nous a apporté beaucoup de biens dans beaucoup de secteurs », a affirmé le Pr. Faye. Elle a néanmoins rappelé que cette énergie, par sa puissance, exige une maîtrise des conditions de sûreté et de sécurité pour éviter les conséquences désastreuses d’une mauvaise utilisation. C’est le rôle fondamental de l’ARSN, établie par la Loi n°2021-44, de réglementer et de contrôler ces activités.
La presse, partenaire incontournable de la sûreté nucléaire
L’atelier a clairement positionné les journalistes comme des relais déterminants entre les experts et le public. L’un des résultats attendus est d’ailleurs l’amorçage d’un réseau de journalistes spécialisés en thématiques nucléaires.
Mme Ba a formulé quatre orientations fortes à l’intention des médias :
Vulgariser les notions complexes pour les rendre accessibles aux citoyens.
Traiter les sujets avec la plus grande rigueur et exactitude afin d’éviter les approximations ou les peurs injustifiées.
Relayer les normes et les bonnes pratiques qui renforcent la confiance des populations dans la culture de sûreté et de sécurité nucléaire.
Encourager le dialogue inclusif entre institutions, experts et citoyens pour une gouvernance participative et transparente.
Le Pr. Faye a conclu en lançant un appel aux acteurs de la presse : « Nous voudrions compter sur votre apport pour pouvoir faire le relais par rapport au public, pour mieux connaître ce que c’est que cette technologie, pour une meilleure acceptation du public, mais surtout montrer ses bienfaits. »
Alioune Badara DIATTA " "





