Rapport National sur la compétitivité du Sénégal : des performances nuancées 

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Le Centre d’études de politiques pour le développement (CEPOD) a publié le Rapport national sur la compétitivité du Sénégal (RNCS 2024). Elaboré sous le thème de la « compétitivité durable », ce rapport fait un état des lieux de la compétitivité du Sénégal sur la période 20

16-2023. Il compare le pays à un panier de pays comparateurs, en prenant en compte toutes les dimensions du développement durable.

La rencontre a été présidée par le représentant du ministère de l’Economie et de la Coopération, le secteur privé et des chercheurs. 

D’après le rapport, des leviers sur lesquels l’État peut agir pour améliorer la compétitivité sont le cadre institutionnel, le capital humain, les infrastructures, R&D et financement).

Sur le plan du Cadre institutionnel et Climat d’investissement, le rapport souligne que 

Le Sénégal conserve une position relativement favorable en matière de gouvernance, se classant 11ème en 2023 selon l’indice Mo Ibrahim, bien que la note de qualité de la gestion publique (CPIA) ait été déclinée entre 2021 et 2023. La situation est jugée favorable en matière de démocratie et d’État de droit. Concernant le climat d’investissement, le risque pays est classé important par Standard & Poor’s et Moody’s. Malgré une amélioration de la liberté économique (110ème rang selon l’indice de Fraser en 2021), des défis majeurs persistent pour l’environnement fiscal et les coûts et délais des procédures d’affaires.

Capital Humain

Le Capital humain reste un point de vigilance crucial nécessitant des efforts importants. Les classements internationaux sont défavorables : le Sénégal est au 138ème rang sur 173 selon l’indice de la Banque Mondiale avec un score de 0,42 en 2023 et au 112ème sur 134 (Indice mondial de compétitivité des talents, score 28,62). Ces performances s’expliquent par un faible taux d’alphabétisation (57,7 % en 2022), une éducation non universelle (TBS primaire à 82,6 % en 2023) et une qualité des services de santé faible.

Investissement et Infrastructures

Le taux d’investissement public a baissé (de 9,7% à 7,2% entre 2016 et 2023), mais l’investissement privé s’est fortement accru (de 15,5% à 34,4% du PIB en 2023), dépassant largement la moyenne de l’UEMOA. L’efficacité de cet investissement reste encore faible, avec un ICOR moyen de 8,88. La qualité des infrastructures s’est globalement améliorée.

R&D, Innovation et Digitalisation

Le Sénégal est bien positionné parmi les pays africains en matière de R&D. Les dépenses en 

R&D par rapport au PIB (0,58% en 2023) sont supérieures à celles de nombreux pays comparateurs. Le pays a amélioré son classement au Global Innovation Index (GII), passant du 106ème rang en 2016 au 93ème rang en 2023. La digitalisation est un point fort du pays : le Sénégal est classé 12ème en Afrique (Indice de Développement des TIC, score 69,3% en 2024), dépassant la Côte d’Ivoire et le Ghana. Cependant, le pays est en retrait sur l’indice de développement de l’administration en ligne (143ème en 2022).

Quelques recommandations

En termes de recommandations, le rapport du CEPOD suggère la mise en en œuvre des réformes accélérées de l’État de droit et de Renforcer la lutte contre la corruption. 

Investir massivement dans l’éducation de base. Le rapport recommande le soutien de l’enseignement supérieur et la recherche. 

Le RNCS se veut un outil de dialogue, un cadre informatif et d’aide à la prise de décision pour les autorités, un mécanisme d’orientation stratégique pour le secteur privé, les investisseurs internationaux et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), et une base pour faciliter la prise de position publique de la société civile.

F. Bakary CAMARA

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