Ils ont signé des contrats de 03 ans avec le Ministère du Travail de la Guinée et sont mis à la disposition du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation qui les a déployés dans les établissements supérieurs publics du pays.
Sources: Cérémonie d’accueil des nouveaux enseignants-chercheurs guinéens et étrangers présidée par le Premier Ministre en octobre 2024 à la Salle CAMES de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.
Parlons de la polygamie et de la polyandrie académiques des enseignants-chercheurs !
Que les ignorants et certains malhonnêtes qui prêchent pour leurs propres intérêts ( logiques justificatives égoïstes) arrêtent de dénigrer le Sénégal, de proférer des menaces à peine voilées de saisine de la justice et de banaliser un fait inédit très différent de la mobilité classique des enseignants-chercheurs.
Pour le moment, aucun collègue n’est accusé. Nous voulons simplement y voir plus clair. Quel est le statut des collègues concernés dans leur pays d’accueil ? Quel sera leur statut au Sénégal ? Quelle est la procédure utilisée ? Quelles sont les autorisations préalables obtenues ?
Je viens de voir la liste des enseignants-chercheurs concernés. Pour l’essentiel, il s’agit d’assistants, de collègues à la retraite et d’autres qui vont faire valoir très bientôt leurs droits à une pension de retraite.
Quelle fuite de cerveaux pour raisons économiques ou politiques ? Sachons bien raison garder.
Franchement, un assistant sénégalais a mieux à faire, plus à prouver pour avancer dans sa carrière et justifier ainsi la pertinence de son recrutement par une inscription régulière sur les listes d’aptitude du CAMES ou une belle réussite au concours d’agrégation que de verser dans la polygamie universitaire de débutant.
Pour les retraités, pas de débat, mais précisons que le statut et le traitement du retraité sénégalais de l’enseignement supérieur font partie des meilleurs au monde, surtout en matière de pension.
Un enseignant-chercheur sénégalais n’a même pas le droit de sortir du territoire national sans autorisation de son Doyen de Faculté / Directeur d’UFR ou du Recteur de son Université, selon la durée du séjour à l’étranger. Le motif de l’absence et la personne / institution qui prend en charge les frais du voyage et du séjour doivent même être précisés sur l’autorisation.
Comment ce dernier peut-il se permettre de se faire recruter à l’étranger, le statut compte peu, sans les autorisations préalables et les réajustements nécessaires.
La mobilité des enseignants -chercheurs est bien encadrée. Ce n’est pas le désordre.
Le CAMES l’encourage. D’ailleurs, nous invitons régulièrement des collègues étrangers à prendre part aux soutenances de thèses dans nos universités. Nous sommes également sollicités pour des besoins de leurs jurys de thèses.
Des missions d’enseignements sont régulièrement effectuées par des collègues dans d’autres universités. Tous les collègues qui le souhaitent bénéficient de voyages d’études au cours desquels, en plus de la recherche, ils peuvent animer des séminaires ou assurer des cours au profit des institutions universitaires d’accueil.
Malheureusement, certains utilisent les voyages d’études à d’autres fin non académiques. Je ne comprends toujours pas comment peut-on effectuer deux à trois voyages d’études en six ans sans publier des articles scientifiques, un seul livre ou accéder au grade supérieur.
Vouloir justifier subtilement ou sournoisement ce choix de se faire « recruter » ailleurs par de faibles salaires, de mauvaises conditions de vie et de travail au Sénégal et même une certaine « liberté » est simplement une hérésie.
Personnellement, je signe des contrats de consultance à l’étranger comme beaucoup d’autres collègues pour des prestations intellectuelles (études, production de rapports, conseils, facilitation, conférences, etc.) mais en relation avec mes supérieurs académiques qui me délivrent régulièrement des autorisations.
C’est aussi une question de transparence.
Mais pour cela, je me suis toujours limité à mes charges horaires obligatoires. Pas d’heures complémentaires.
Idéologiquement, je milite en faveur du recrutement massif d’enseignants -chercheurs dans un pays qui a un millier de jeunes titulaires du doctorat sans emploi et dont la plupart se contentent de quelques heures de vacations.
Si vous aviez une idée claire sur le nombre de Sénégalais, titulaires du doctorat, enseignants-chercheurs ou pas basés en Europe, aux USA et ailleurs, qui cherchent à être recrutés dans nos prestigieuses universités. Il y’a le patriotisme, mais les avantages ne sont pas négligeables.
Il ne s’agit pas de vivre d’amour patriotique et d’eau fraîche.
Je suis Professeur Titulaire des Universités à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, mais je n’envie pas un collègue français.
En Afrique francophone, à l’exception de quelques rares pays, les enseignants -chercheurs sénégalais n’ont à envier objectivement personne.
Ceux qui disent le contraire n’ont qu’à publier les traitements salariaux et autres avantages par grades des enseignants-chercheurs et chercheurs des États membres du CAMES. Comparons les.
La surprise sera grande.
Les salaires de misère à l’Universite, c’était avant l’an 2000.
Chers confrères journalistes, chères consœurs, menez des enquêtes sur l’évolution des salaire et des avantages dans le supérieur et comparez les avec ceux des autres pays du CAMES.
Nous méritons plus, nous pouvons réclamer plus, mais nous n’avons aucune raison de pleurnicher encore moins de permettre à d’autres de nous prendre pour des affamés en quête d’une pitance sans défendre l’image de notre pays.
Pourquoi le Ministre en charge de l’enseignement supérieur du pays concerné n’a pas saisi directement son homologue sénégalais pour une formule de mobilité encadrée des enseignants-chercheurs entre nos deux pays en vue de relever le niveau d’encadrement scientifique pour les étudiants et les enseignants-chercheurs du pays ami.
Le statut spécial des enseignants-chercheur ne se confond point à un laisser-aller, un laisser-faire.
D’ailleurs, les universités sénégalaises sont encore parmi les rares d’Afrique à ouvrir leurs appels à candidatures en matière de recrutements à tous les Africains avec une égalité des chances invraisemblable.
Sur ce plan, nous n’avons jamais varié dans nos choix panafricanistes.
Nous avons un sérieux problème d’honnêteté intellectuelle dans notre beau pays avec des usurpations de titres, des créations de « grades imaginaires » par interprétations, des confusions et flous artistiquement entretenus.
Des assistants CAMES / maîtres de conférences assimilés locaux du Sénégal se présentent comme « Maîtres de Conférences » en biffant « assimilé ».
Des maîtres de conférences agrégés « sont »des « Professeurs agrégés » ou « Full Professors » alors qu’entre MC agrégé et Professeur Titulaire, il y’a tout un océan à franchir en dépit du grand mérite.
Des titulaires du doctorat unique ou de troisième cycle qui disent ou laissent dire qu’ils sont des docteurs d’Etat.
En dehors du doctorat d’exercice (doctorat d’Etat) des médecins, pharmaciens, chirurgiens dentistes et vétérinaires, nos universités ne délivrent plus de doctorat d’Etat depuis l’avènement du système LMD et la fin de sa phase transitoire. Les docteurs d’Etat ont souvent un premier doctorat, le doctorat du troisième cycle.
Même en France, avant la réforme du doctorat, rares sont ceux qui choisissaient le doctorat d’Etat, plus complexes
avec une durée minimale de recherche beaucoup plus longue.
Au Sénégal, par exemple en lettres et sciences humaines, c’est après la soutenance du doctorat de troisième cycle qu’on s’inscrivait en thèse de doctorat d’Etat. Ces deux thèses ont empêché à beaucoup de nos brillants aînés et maîtres de dépasser le grade de maître -assistant du CAMES avant la retraite.
Trop de manipulations !
Le Ministre en charge de l’enseignement supérieur a bien raison de saisir les Recteurs des Universités pour voir clair sur l’affaire des « recrutements ».
Je n’ai encore vu aucune accusation contre les collègues concernés. Malheureusement, on tente de diaboliser le Sénégal en parlant de fuite des cerveaux vers des destinations meilleures.
Que les deux pays lancent une opération d’échanges volontaires de postes entre enseignants-chercheurs. À travers le nombre de départs du Sénégal et d’arrivées, on comprendra mieux.
Prof. Aliou SOW
Professeur Titulaire des Universités, UCAD
Commandeur dans l’Ordre national du lion, Sénégal
Commandeur de l’Ordre de la Francophonie et du Dialogue des Cultures, Ordre de la Pléiade (France)
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