Cher Sadio,
Il est des moments où le silence serait une facilité, presque une démission. J’ai choisi, une fois encore, de ne pas me taire, non par goût de la polémique, mais par fidélité à une conviction ancienne, assumée et constante.
Mon soutien à Sadio Mané ne date ni d’un match difficile, ni d’une phase de doute, encore moins d’un retournement d’opinion. Il s’inscrit dans la durée, celle qui distingue les engagements sincères des élans passagers. Dès 20
Avant et pendant la CAN 2019, puis tout au long du chemin ayant mené à la consécration continentale de 2022, j’ai toujours maintenu cette position, non par aveuglement, mais par lucidité. J’ai toujours vu en toi un joueur de rendez-vous, un leader capable d’assumer la pression maximale quand elle écrase les autres. Le penalty décisif de 2022 n’a pas fondé cette conviction, il l’a simplement rendue visible aux yeux de tous.
Après le sacre, lorsque l’admiration s’est progressivement muée en exigence démesurée, puis parfois en ingratitude, j’ai continué à appeler à la mesure et à la retenue. On ne déconstruit pas une trajectoire exemplaire sur la base d’une action manquée ou d’un match moins abouti. Une nation mûre protège ses repères au lieu de les fragiliser.
Ce que beaucoup oublient, Sadio, c’est que l’expérience ne disparaît pas : elle se transforme. Le temps ne t’enlève pas ta valeur, il te confie un autre rôle plus subtil, souvent moins visible mais tout aussi décisif. L’intelligence de jeu, le déplacement juste, le pressing déclencheur, la parole qui rassure un jeune coéquipier, la posture dans le vestiaire : tout cela ne figure pas toujours sur les feuilles de statistiques, mais pèse lourd dans la construction d’une victoire collective.
Mon soutien est désintéressé parce qu’il ne cherche ni reconnaissance, ni alignement avec l’opinion dominante. Il est constant parce qu’il repose sur des principes simples : le respect du mérite, la reconnaissance du service rendu et la fidélité au temps long. Dans le sport comme dans la vie publique, l’ingratitude est une faiblesse collective.
Il y a enfin l’homme: celui qui n’a jamais renié ses origines, qui a compris que la réussite n’a de sens que si elle est partagée, et qui a investi dans l’éducation, la santé et la dignité des siens. Cette dimension-là ne se mesure ni en minutes jouées ni en notes de match, mais elle compte dans l’histoire d’un pays.
Sadio, tu mérites mieux que les jugements à chaud. Tu mérites le respect, la confiance et la reconnaissance. Le Sénégal gagne à t’accompagner dans l’évolution de ton rôle !
Contre vents et marées, je te réaffirme un soutien clair, constant et profondément désintéressé.
Cher Sadio, le 18 janvier, fais-toi plaisir et fais-nous plaisir. Tu es déjà un héros.
Le verdict sans recours est celui de Dieu!
Alhamdoulilah.
Dr Pape Abdoulaye SECK " "




