Intelligence collective en situation de crise : le phénomène Pape Thiaw/Sadio Mané

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‎Il y a des moments où le football cesse d’être un simple jeu. Des instants rares où il devient un miroir fidèle de nos sociétés, de nos organisations, de nos modèles de leadership.
Ce qui s’est joué récemment autour de Pape Thiaw et Sadio Mané relève précisément de cette catégorie : un cas d’école d’intelligence collective en situation de crise.
Car la meilleure décision n’est pas toujours celle prise seul, dans l’instant, sous la pression. La meilleure décision est souvent celle corrigée à temps par le collectif.
Une décision rationnelle… mais contrainte
Lorsque Pape Thiaw prend la décision forte de retirer ses joueurs du terrain, il agit en leader responsable, dans un environnement hostile, sous des contraintes multiples, avec des informations imparfaites.
‎Les économistes appellent cela la rationalité limitée : décider avec ce que l’on sait, au moment où l’on sait.
Cette décision était légitime, cohérente, et surtout digne. Elle traduisait une chose essentielle : à un certain seuil, la dignité ne se négocie pas. Le respect ne se mendie pas. Il s’impose.
Et beaucoup d’entre nous, à cet instant précis, ont soutenu ce leadership incarné. Parce qu’il faut parfois savoir dire NON pour exister.
L’ajustement par la concertation
Mais le leadership véritable ne s’arrête pas à la fermeté. Il se prolonge dans la capacité d’écoute. C’est là qu’intervient Sadio Mané. Non pas en donneur de leçons. Non pas en frondeur. Mais en leader d’influence, mû par le sens du résultat et la responsabilité collective. Son NON n’était pas une contestation de l’autorité ; c’était une alerte stratégique.
Sadio n’a pas agi seul. Il a consulté. Il a échangé. Il a pris conseil auprès des AS du football, ces sages de l’expérience, avant de convaincre. Son NON avait un sens parce qu’il était argumenté, partagé et orienté vers l’intérêt supérieur de l’équipe.
Un OUI n’a de valeur que lorsqu’on a la possibilité réelle de dire NON.
La décision finale optimisée
Ce qui élève ce moment au rang de phénomène, c’est la suite. Pape Thiaw a écouté. Il a accepté que sa décision initiale — rationnelle mais contrainte — puisse être optimisée à la lumière d’éléments qu’il ne maîtrisait pas totalement au moment de trancher.
Loin de s’affaiblir, il a grandi. Car un bon manager n’est pas celui qui a toujours raison. C’est celui qui sait changer de décision sans perdre son autorité.
La décision finale, issue de la concertation, s’est révélée la bonne. Les faits lui ont donné raison. Alhamdoulilah (Dieu Merci).
Une leçon pour le Sénégal, bien au-delà du football
Ce duo nous enseigne une vérité fondamentale, trop souvent oubliée dans nos organisations publiques et privées : Un béni-oui-oui n’a jamais tiré une structure vers le haut. Suivre aveuglément n’est pas loyauté. Se taire face à une décision perfectible n’est pas discipline. Le progrès naît de la contradiction responsable, de la consultation sincère, de la décision inclusive.
Le phénomène Pape Thiaw / Sadio Mané est la démonstration éclatante qu’il est possible de concilier : l’autorité et l’écoute, la fermeté et l’humilité, le respect de la hiérarchie et l’intelligence collective.
En substance
Ce que nous avons vu n’est pas un simple épisode sportif.
C’est une leçon de gouvernance, *un modèle de leadership mature,* un exemple que le Sénégal gagnerait à méditer dans tous ses espaces de décision.
Ils ont tous les deux mon respect et mon estime. Parce qu’ils ont montré que, dans les moments critiques, le collectif bien organisé est plus fort que l’ego individuel.
Félicitations aux Lions.
Félicitations à la nation sénégalaise.
Par Ousseynou COULIBALY

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