À mon sens, il n’y a rien de surprenant dans les agissements actuels de la Confédération Africaine de Football (CAF) et de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), toutes deux manifestement en déficit d’inspiration des grands jours.
En mars 2025, j’avais déjà pris la plume à la suite de l’élection des représentants du continent africain au Comité exécutif de la FIFA, dans un article intitulé : « Le choix irrationnel des représentants du continent africain à la FIFA ».
Je m’y interrogeais sur la non-élection de notre compatriote Augustin Senghor, malgré la qualité de son profil, la solidité de son expérience et les performances remarquables du football sénégalais au cours des dernières années.
J’y avais tiré la sonnette d’alarme en appelant à une émancipation intégrale de la CAF, fondée sur l’affirmation de sa personnalité institutionnelle et de sa souveraineté stratégique. J’y plaidais également pour que la CAF cesse d’être un simple wagon dans l’architecture du football mondial, face à une FIFA devenue encombrante et contre-productive.
Ce qui se passe aujourd’hui ne constitue donc pas une surprise. C’est, au contraire, une confirmation de mon intime conviction : le manque de vision, de classe, d’élégance et d’inspiration du duo MOTSEPE–INFANTINO, respectivement à la tête de la CAF et de la FIFA.
C’est ce même duo MOTSEPE–INFANTINO qui a méthodiquement œuvré à la structuration d’un lobby électoral ayant conduit à l’éviction d’un dirigeant valeureux et légitime comme Augustin Senghor.
Il est temps que ce couple dirigeant intègre une vérité simple : le football est un jeu universel et populaire. Il ne saurait être confisqué par la seule puissance de l’argent, ni réduit à des logiques technocratiques déconnectées des peuples, des territoires et des identités sportives.
Je ne saurais conclure sans rappeler au Président de la FIFA que le monde sportif attend toujours une réaction claire face aux mesures prises par le gouvernement américain en matière de visas, lesquelles portent atteinte à l’universalité du sport et à l’égalité d’accès aux compétitions internationales.
Vous avez créé et décerné un « Prix FIFA pour la paix » au président Donald Trump ; il serait temps que ce prix serve à rappeler, concrètement, les principes que le football est censé incarner.
À force de politiser sans retenue le sport , le duo MOTSEPE–INFANTINO s’est progressivement désaligné de ses idéaux fondateurs.
Sportivement
Par Dr Papa Abdoulaye SECK





