En marge de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations unies pour l’eau 2026, Espacedev a tendu son micro à la Directrice générale de l’Office des lacs et cours d’eau (OLAC) pour faire le point sur les actions de l’Office dans la politique de l’eau définie par l’Etat du Sénégal. Entretien.
Dakar a accueilli du 26 au 27 janvier la réunion préparatoire de la conférence des Nations Unies sur l’eau 2026. Pouvez-vous revenir sur la participation de l’OLAC à ce grand rendez-vous de l’eau ?
La réunion préparatoire de la conférence des Nations Unies sur l’eau qui va se tenir en 2026 et coorganisée par le Sénégal et les Emirats Arabes Unis, a été ponctuée par plusieurs sessions de travail, avec des thématiques relatives à l’accès universel à l’eau d’ici 2030, mais essentiellement aussi par rapport aux différentes thématiques de cette conférence des Nations unies sur l’eau, à savoir l’eau pour la population, l’eau pour la prospérité, l’eau pour la coopération, les investissements liés à l’eau. Ces différentes thématiques ont permis à tous les acteurs, que ce soit la société civile, les acteurs qui sont dans le secteur de l’eau, d’interagir, mais aussi de prendre des engagements pour pouvoir préparer la conférence qui se tiendra à Abu Dhabi en décembre 2026. L’OLAC a été partie prenante à cette réunion préparatoire avec la participation de ces agents dans les différentes sessions de travail. Les échanges ont été très fructueux et on a pu, à partir de ces échanges, expliquer les missions respectives de l’OLAC, son rôle dans la mobilisation des eaux de surface, parce qu’on parle de l’accès universel à l’eau et qu’aujourd’hui, à travers nos missions respectives, nous avons comme mission essentielle la mobilisation des ressources en eau, l’aménagement et la gestion de tout ce qui est lac et cours d’eau.
Donc l’OLAC participe activement à l’accès universel à la ressource en eau, non pas seulement pour l’eau potable, mais beaucoup plus pour l’eau productive, c’est-à-dire l’eau pour l’agriculture, l’eau pour la pêche et l’eau pour l’élevage.
En parlant d’accès universel à l’eau, l’OLAC gère ce qu’on pourrait considérer comme le château d’eau du Sénégal, en parlant du lac des Guiers. Quels sont aujourd’hui les grands projets qui sont- mis en avant pour adresser cette question relative à l’accès à l’eau ?
L’OLAC gère tout ce qui est eaux de surface sur l’ensemble du territoire national, avec aussi une gestion exclusive de la plus grande réserve d’eau douce du Sénégal, qui est le lac de Guiers. Aujourd’hui, à travers les différents projets que l’OLAC met en œuvre, mais aussi les différents travaux sur les petits bassins versants de ruissellement, on arrive à mobiliser des quantités d’eau assez importantes. Au niveau du lac de Guiers, il y a des enjeux majeurs, avec les grands transferts d’eau qui se profilent à l’horizon, qui doivent partir du lac vers le triangle Dakar-Mbour-Touba, mais aussi le transfert du lac de Guiers vers le Ferlo, mis en œuvre par l’Office.
Avec ces grands transferts, des quantités d’eau énormes seront mobilisées, pour permettre, comme je l’ai dit tantôt, l’accès à l’eau, mais aussi la disponibilité de la ressource pour les différentes activités agricoles et agrosylvopastorales. Au-delà de la réserve du lac de Guiers, l’OLAC gère aussi d’autres réserves d’eau douce, qui sont un peu partout sur l’ensemble du territoire national, avec des projets structurants de mobilisation des ressources en eau, financés par des bailleurs de fonds. Déjà, il y a le PROMOREN, qui a été lancé par le président de la République, au niveau du département de Koungheul. A terme, ce projet va mobiliser 46,6 millions de mètres cubes d’eau dans le département de Koungheul, en première phase.
Parce que je rappelle que ce projet, mis en œuvre dans ce département, vise à mobiliser les eaux du Nanija-Bolon qui est à cheval entre le département de Koumpentoum et celui de Koungheul. Donc, la première phase s’inscrit dans le département de Koungheul avec, dans plusieurs communes, plusieurs travaux d’endiguement, de surcreusement du Nanija-Bolon, mais aussi de construction d’ouvrages de retenues, de franchissements, mais aussi développer toutes les activités qui tournent autour de l’eau, comme la mise en place d’une ferme piscicole qui sera mise en œuvre dans le cadre du PROMOREN. Hormis ce projet, un peu partout dans tous les bassins versants, que ce soit au niveau de la Casamance, que ce soit au niveau des autres bassins versants, du Baobolon, du Jukoy, etc., l’OLAC est en train d’instruire des projets avec des financements très élevés.
Aujourd’hui, on a des partenaires qui se sont positionnés sur ces grands projets. Mais, hormis ces grands projets, l’OLAC fait aussi des travaux à travers notre budget d’investissement sur les petits bassins versants de ruissellement, des lacs ou des mares qui sont dans des zones très reculées au niveau du Sénégal. Les travaux qu’on a pu faire, ont permis la disponibilité de la ressource et le développement des activités autour de ces points d’eau, que ce soit au niveau de Bakel et un peu partout au niveau du Sénégal.
Durant cette réunion préparatoire, six thématiques ont été au centre des échanges. Dans quelles thématiques l’OLAC s’est-il particulièrement retrouvé ?
L’OLAC se retrouve à peu près dans tous les thèmes à travers les six thématiques qui ont été inscrites à l’ordre du jour de cette réunion préparatoire de la conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, que ce soit l’eau pour les peuples, parce qu’aujourd’hui, avec l’accès à l’ODD 6, l’accès universel à l’eau, l’OLAC a comme mission principale la mobilisation de cette ressource en eau pour qu’elle soit disponible. L’eau pour la prospérité, je l’ai dit tantôt, c’est l’eau productive que l’OLAC est en train de mobiliser pour le développement de toutes les activités qui tournent autour de l’eau, que ce soit la paix, que ce soit l’agriculture, la pêche et l’élevage. Les investissements liés à l’eau, tous les projets que l’OLAC est en train de mettre en œuvre seront des projets d’investissement, soit des investissements venant des partenaires financiers étrangers ou bien des investissements venant de l’État du Sénégal.
Il y a aussi la coopération, parce qu’à travers la coopération, l’OLAC a pu nouer des relations avec plusieurs partenaires pour le suivi même de nos plans d’eau. Par exemple, sur le lac de guerre, on a plusieurs conventions avec des universités, que ce soit l’Université de Louvain en Belgique, que ce soit la WBI, etc. Ces conventions et ces partenariats nous permettent, entre autres, hormis les transferts de compétences, d’avoir des appuis pour favoriser le suivi de la qualité de l’eau.
Espacedev
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