Cette affaire, au-delà de son caractère choquant, est une gifle morale infligée à tout un pays qui, malgré la rareté des ressources, a consenti d’énormes sacrifices pour la prévention et la prise en charge du VIH depuis son apparition au Sénégal.
J’ai travaillé dans la réduction des risques, participé à des campagnes de prévention, accompagné prise en charge de personnes vulnérables , participé à des levées difficiles de fonds. Aujourd’hui avec le retrait des agences de développement dans le secteur associé à la rareté de financement pour le Sénégal concernant le VIH puisque nous sommes considérés comme un cas de succès, nous sommes tous assis sur une poudrière.
Le Sénégal s’est longtemps distingué par une stratégie responsable, fondée sur la prévention, la sensibilisation, la gratuité relative des traitements et l’accompagnement des PVVIH, souvent grâce à des financements publics limités et à l’appui fragile des partenaires. Voir ces efforts sabotés par des comportements décrits comme délibérés, clandestins et irresponsables, c’est assister à une trahison collective : trahison des soignants, des bénévoles, des ONG, et surtout des patients qui luttent dignement pour vivre avec le virus.
Dans un contexte où chaque franc investi en prévention est arraché à d’autres urgences sociales, cette affaire révèle une violence supplémentaire : celle de l’égoïsme face à l’intérêt général. Alors que des milliers de PVVIH respectent scrupuleusement leur suivi, protègent leurs partenaires et militent contre la stigmatisation, quelques individus auraient, selon les faits rapportés, contribué à raviver la peur, la méfiance et les préjugés. Un coup de pied sur les efforts du Sénégal cité partout en exemple et qui fait souvent figure de référence.
Le danger n’est plus seulement sanitaire, il est aussi symbolique : il menace des décennies d’efforts, fragilise la confiance dans les politiques publiques de santé et risque de faire payer, encore une fois, l’addition aux innocents et aux plus vulnérables.
Cette irresponsabilité Coupable et organisée nous rend tous vulnérables et à terme à défaut d’être toutes et tous infectés, nous en serons tout au moins affectés..
Le Ministre de la Santé doit communiquer et mettre tout de suite une veille et alerte sur pour aider à circonscrire le périmètre de contamination.
Triste vraiment
Cheikh Doudou MBAYE
MPH, Politique & Gestion des Systèmes de Soins en Santé





