Industrialisation au Sénégal : dépasser l’agro-industrie pour une véritable transformation structurelle

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‎Au Sénégal, le débat sur l’industrialisation tend à se confondre avec celui de l’agro-industrie. Si la transformation agricole et le développement des agropoles constituent des avancées importantes, ils ne représentent qu’un segment du processus industriel. Une industrialisation véritable implique une mutation structurelle plus large : montée en puissance du manufacturier, transformation locale des ressources extractives, production d’intrants stratégiques et développement d’industries intermédiaires à forte valeur ajoutée. 𝐀𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢, 𝐥’𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐮𝐟𝐚𝐜𝐭𝐮𝐫𝐢èr𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧 𝟏𝟓 % 𝐝𝐮 𝐏𝐈𝐁, un niveau encore insuffisant pour enclencher un décollage économique comparable aux trajectoires émergentes où la 𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝é𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝟐𝟎 à 𝟐𝟓 %.
‎𝐋𝐚 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐫𝐭é𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐕𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐒é𝐧é𝐠𝐚𝐥 𝟐𝟎𝟓𝟎 et la Politique Industrielle et Commerciale Sénégal 2050 (PICS 2050) fixe une ambition claire : 𝐛â𝐭𝐢𝐫 𝐮𝐧𝐞 é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬é𝐞, 𝐫é𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐩é𝐭𝐢𝐭𝐢𝐯𝐞. Toutefois, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le poids statistique du secteur, mais dans sa qualité structurelle. Une industrie dominée par l’extraction brute ou la transformation légère génère peu d’effets multiplicateurs. La compétitivité énergétique, la réduction des importations de biens intermédiaires, l’augmentation des exportations manufacturières et l’investissement productif massif seront des indicateurs clés de la transformation réelle.
‎𝐃𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭𝐬 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 « 𝐌𝐚𝐭𝐚𝐦 𝟐𝟎𝟓𝟎 », axé sur la transformation locale du 𝐩𝐡𝐨𝐬𝐩𝐡𝐚𝐭𝐞 et la production 𝐝’𝐞𝐧𝐠𝐫𝐚𝐢𝐬, illustrent ce que pourrait être une industrialisation extractive intégrée capable de renforcer la 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭é é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 et la 𝐛𝐚𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞. Pour le 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥, l’industrialisation constitue un test stratégique : 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥à 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐝𝐫𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐮𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐚𝐧𝐠𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐢𝐬𝐬𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐟, génératrice d’emplois industriels durables et de valeur ajoutée locale, permettra de concrétiser l’ambition affichée.

‎Dr. Hamath SENE,
‎Ingénieur en Génie Civil,
‎Spécialiste en gestion intégrée des ressources en eau (GIRE)
‎Publié par LE BRIEF

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