Les services du MASAE ont involontairement créé et perpétué depuis cinq ans, de 202
1 à 2025, un système où les composantes « prix maximum de marché » ou « prix plafond de marché » et « cahiers des charges inadéquats » se renforcent mutuellement, entraînant des conséquences négatives.Le prix maximum de marché, souvent trop bas, attire beaucoup de soumissionnaires qui cherchent à obtenir des contrats, tandis que le manque de sélectivité des cahiers des charges permet à de nombreux candidats de soumissionner sans répondre réellement aux normes minimales édictées par la CEDEAO, qui recommande aux pays membres de se référer à son règlement C/REG.13/12/12, notamment à son article 7, qui précise le principe de reconnaissance des normes internationales.
Cette situation entraîne des problèmes de qualité des produits et de sécurité environnementale, comme souligné par [Diacono & Montemurro, 2010] et [Lal 2004] qui ont mis en évidence les risques potentiels pour l’environnement et la santé liés à l’utilisation d’engrais organiques de qualité encore basique.
Cette combinaison de facteurs provoque un afflux de soumissionnaires, ce qui entraîne une surcharge de travail et des retards importants dans le traitement des dossiers de soumission. Cette surcharge de travail a des conséquences importantes sur le processus de sélection, car les équipes chargées de l’évaluation des offres sont submergées par le volume de travail, ce qui peut entraîner des inadéquations, des erreurs et des difficultés à évaluer correctement les offres et à comparer les candidats de manière objective. Selon les principes de la théorie de la charge de travail [Workload Theory, 1973], lorsqu’un individu est soumis à une charge de travail excessive, sa capacité à traiter l’information et à prendre des décisions est réduite, ce qui peut entraîner des erreurs et/ou des retards [Kahneman, 1973].
Les retards dans la prise de décision ont des impacts négatifs sur les objectifs du programme agricole. Les agriculteurs rencontrent des difficultés de trésorerie au moment de l’arrivée des engrais, ce qui peut entraîner des retards dans leur accès [IPAR, 2015], alors que les engrais sont essentiels pour le démarrage, la croissance des plantules et la productivité agricole [Mengel et al., 2001]. Ces retards entraînent une faible efficacité des subventions, puisque seuls 15 % des agriculteurs en bénéficient à temps [Cirad, 2021], et génèrent des inégalités d’accès notables entre les ménages pauvres et riches [IPAR, 2015].
À long terme, les retards et les inefficacités dans la fourniture des engrais peuvent compromettre les objectifs de développement économique et de sécurité alimentaire du pays. L’accès à temps aux intrants agricoles de qualité, tels que les engrais, est essentiel pour améliorer la productivité agricole et réduire la pauvreté rurale [FAO, 2017].
Cette situation révèle les contraintes structurelles profondes auxquelles l’administration doit faire face, soulignant ainsi le décalage entre les réalités du terrain et les solutions proposées.
En résumé, le système de fixation des prix maximums et les cahiers des charges peu sélectifs pour les engrais et amendements organiques au Sénégal posent problème. Cela attire de nombreux soumissionnaires, mais compromet la qualité des produits.
Les retards dans le traitement des dossiers ont des impacts négatifs sur les agriculteurs et la sécurité alimentaire. Les objectifs de développement économique et de sécurité alimentaire sont compromis. Des réformes sont nécessaires pour améliorer la situation.
(3) Troisième jet
Magatte NGOM, Ingénieur agronome de classe exceptionnelle
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