Suite du texte sur la Réforme des prix et la révision des cahiers des charges des engrais et amendements organiques subventionnés : un des leviers pour la stratégie d’urgence de redressement économique du Sénégal 2025/2028
Le système actuel adopté par les services du Ministère en charge de l’agriculture a des conséquences négatives importantes sur la qualité des produits et la modernisation de la filière de valorisation organique. En l’absence de normes standards nationales contraignantes, ce système maintient les niveaux de qualité de nombreux produits, qu’ils soient artisanaux, semi-industriels ou même industriels, à un niveau minimal qui ne répond pas nécessairement aux exigences des sols et des consommateurs, notamment en termes de sécurité et d’efficacité des produits, comme le stipule le règlement CEDEAO [CEDEAO, C/REG.
13/12/12]. Cela peut entraîner des risques pour la santé des consommateurs [Mengel et al., 2001], des impacts négatifs sur l’environnement [Lal, 2004] et des pertes économiques pour les agriculteurs et les entreprises qui investissent dans la production de qualité [FAO, 2017].Les normes internationales, telles que celles recommandées par la CEDEAO, fournissent un cadre pour évaluer la qualité des produits et garantir leur sécurité et leur efficacité. Ces normes définissent des exigences spécifiques, notamment en termes de composition, de pureté et d’étiquetage. Cependant, leur caractère non obligatoire au niveau national, faute d’un cadre réglementaire adéquat, empêche leur adoption effective, limitant ainsi les possibilités d’amélioration de la qualité des produits et de modernisation du secteur. Par conséquent, il est crucial de trouver une solution pour intégrer ces normes dans le système actuel.
Cette situation souligne la nécessité d’établir des normes standards nationales contraignantes pour garantir la qualité et la sécurité des produits agricoles, et pour promouvoir la modernisation de la filière de valorisation organique. L’adoption de telles normes pourrait contribuer à améliorer la compétitivité de la filière, à renforcer la confiance des consommateurs et à promouvoir un développement durable.
Pour sortir de cette situation stagnante, les fabricants d’engrais sont confrontés à un véritable dilemme économique. Innover et améliorer la qualité des produits nécessiterait des investissements importants en recherche et développement, en équipement et en formation du personnel, ce qui augmenterait les coûts de production et potentiellement le prix de vente [Porter, 1985]. Or, dépasser les prix maximums fixés par le Ministère en charge de l’Agriculture mettrait en péril la viabilité d’un marché établi depuis près de cinq ans, vital pour les entreprises bénéficiaires. Face à ce risque, les fabricants préfèrent souvent maintenir le statu quo et produire des engrais de qualité basique plutôt que de prendre le risque de perdre leur marché public du programme agricole et leur clientèle.
En outre, cette situation a également des implications budgétaires importantes. Sur le plan budgétaire, le Ministère en charge de l’agriculture cherche à réduire la facture des subventions pour améliorer la soutenabilité budgétaire.
Cependant, le système actuel de fixation des prix des engrais et amendements organiques ne permet pas d’optimiser les coûts de fertilisation, ce qui réduit la capacité à couvrir le maximum de surfaces agricoles. En effet, les produits qui répondent aux exigences des services du ministère en charge de l’agriculture ont des prix compris entre 80 000 F CFA/tonne et 200 000 F CFA/tonne, avec des doses qui varient entre 2 et 5 tonnes à l’hectare. Cela se traduit par des coûts de fertilisation à l’hectare allant de 400 000 F CFA/ha à 480 000 F CFA/ha, voire plus en cas de second passage pour l’épandage d’engrais de couverture. Ces coûts élevés peuvent compromettre la viabilité économique des exploitations agricoles et mettre une pression supplémentaire sur le budget du Ministère en charge de l’agriculture.
Le produit Quaterna Terra offre une alternative compétitive. Bien qu’il ne soit pas référencé sur le marché en raison de son prix à la tonne supérieur aux prix maximums fixés par les services du ministère, il nécessite un seul passage à la dose de 200 kg/ha, correspondant à un coût de 380 000 F CFA/ha. Cela représente un coût compétitif pour cinq hectares avec une seule tonne.
Cette approche peut être considérée comme une stratégie de fertilisation efficiente, car elle réduit les coûts de main-d’œuvre et les impacts environnementaux liés aux épandages multiples [Pretty, 2008]. De plus, l’utilisation d’un seul passage pourrait améliorer la productivité agricole en réduisant les pertes de nutriments et en optimisant l’absorption des éléments nutritifs par les plantes [Fageria et al., 2011].
En effet, l’unique passage permettrait une diminution des coûts d’épandage, un gain de temps et une synchronisation de l’apport de nutriments avec les besoins spécifiques des plantes, ce qui pourrait entraîner une utilisation plus efficace des engrais et une meilleure croissance des cultures.
Le produit Quaterna Terra issu des Technologies Marcel Mézy est un amendement organique innovant qui combine des plantes, des minéraux naturels, de la mélasse, des végétaux naturels sélectionnés et compostés, conformément aux normes de l’agriculture biologique selon le règlement [CEE 834/2007] et à la norme NF U44-051.
Sa composition unique inclut un noyau de micro-organismes sélectionnés, notamment des bactéries, des micro-algues et des champignons mycorhiziens, qui jouent un rôle clé dans l’amélioration de la fertilité des sols [Barea et al., 2005].
Les micro-organismes présents dans le Quaterna Terra sont capables de capter le carbone et l’azote atmosphériques et de les stocker sous forme d’humus dans le sol [M. Mazoyer, 2005], à raison de 10 à 40 tonnes par hectare et par an, selon les conditions pédoclimatiques [Six et al., 2004]. Cette capacité de séquestration du carbone contribue à réduire les Gaz à Effets de Serre (GES) et à atténuer les impacts du Changement Climatique [GIEC, 2013].
Le Quaterna Terra combine les fonctions d’amendement et d’engrais organique, permettant d’optimiser le taux de recouvrement et l’efficacité agronomique des éléments nutritifs. Cela se traduit par une augmentation significative de la productivité agricole, tout en réduisant considérablement l’utilisation de pesticides chimiques et l’irrigation.
Le Quaterna Terra présente plusieurs externalités positives mesurables, notamment l’amélioration de la fertilité des sols par le stockage du carbone et de l’azote, la réduction voire la suppression de l’utilisation d’engrais chimiques [M. Mazoyer, 2005], la récupération des sols salés [U. Carthagène, 2012], l’augmentation des rendements agricoles et la protection de l’environnement. Ces externalités positives font de Quaterna Terra un produit prometteur pour une agriculture durable et résiliente au Sénégal.
Les résultats des tests et des expériences menées avec le Quaterna Terra [M. Ngom, 2016] sont particulièrement prometteurs. Parmi ces résultats, on note une augmentation des rendements du riz Nérica IV de 76% avec la SODAGRI dans le bassin de l’Anambé, région de Kolda. De plus, les rendements d’espèces maraichères ont augmenté en moyenne de 50% dans plusieurs régions, notamment grâce aux projets PADAER I à Kolda, USAID/YAAJENNE à Kédougou, et la Fédération des Agros Pasteurs à Bayakh.
Le Quaterna Terra a également permis de cultiver des sols salés jusque-là incultes, comme démontré à Gorom dans les Niayes et à Nder dans la vallée du fleuve Sénégal avec le GIE Ngouye Ngalla. Ces résultats montrent le potentiel de cette solution pour améliorer la productivité agricole et valoriser des terres difficiles.
Le Quaterna Terra est un amendement organique innovant qui offre une solution prometteuse en améliorant la productivité agricole, en réduisant les coûts et les impacts environnementaux.
Au plan agro économique, le ratio de la valeur de la production additionnelle due à l’apport de Quaterna Terra sur le coût de la dose par hectare justifie amplement l’investissement consenti.
Les résultats des essais et expérimentations menés au Sénégal [M. Ngom, 2016] sont prometteurs et pourraient contribuer à l’adoption de pratiques agricoles plus durables dans le pays.
L’adoption du Quaterna Terra dans le cadre du programme agricole ouvre des perspectives prometteuses, notamment grâce au transfert de technologies au Sénégal, avec la mise en place à moyen et long termes d’une unité de production d’une capacité initiale de vingt mille (20 000) tonnes par an.
Ses coproduits, le Quaterna Activa additif de compostage et le Quaterna Métha pour la bio méthanisation, représentent des opportunités majeures pour l’innovation et le développement de l’industrie locale des matières organiques transformées.
(4) Quatrième jet
Magatte NGOM, Ingénieur agronome de classe exceptionnelle
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