En prélude au lancement officiel des activités de la Convention citoyenne du Djolof le 30 août 2025 à Linguère, le Président du Bureau exécutif, Ibrahima Saer Ndiaye a abordé, avec Espacedev, les raisons qui ont guidé à la création de ce cadre, les actes que la CCD a eu à poser depuis sa création et, bien sûr, les perspectives qui s’offre à elle. Entretien.
Espacedev : La Convention citoyenne du Djolof (CCD) a été portée sur les fonts baptismaux lors d’une assemblée générale tenue le 3 mai 2025. Pouvez-vous revenir sur les motivations qui ont guidé l’érection d’un tel cadre ?
Ibrahima Saër Ndiaye : La Convention citoyenne du Djolof est née d’une volonté collective et profondément réfléchie. Nous avons ressenti la nécessité de créer un cadre fédérateur capable de transcender les clivages politiques, générationnels ou confessionnels, pour placer l’intérêt supérieur du Djolof au centre de nos préoccupations. L’idée est d’offrir un espace de concertation citoyenne, d’initiative et d’action, où les filles et fils du terroir peuvent s’unir autour d’un idéal commun : la refondation citoyenne et le développement endogène du Djolof. La CCD est donc le fruit d’un engagement moral et d’une conviction : celle que nous devons prendre en main notre destin collectif.
Ce cadre s’adresse spécifiquement à qui et se fixe quelle limite géographique ?
La CCD s’adresse à toutes les filles et à tous les fils du Djolof, qu’ils vivent dans nos communes rurales, dans les villes du Sénégal ou dans la diaspora. Il n’y a aucune exclusion : femmes, hommes, jeunes, sages, leaders communautaires, entrepreneurs, intellectuels et simples citoyens trouvent tous leur place dans ce cadre.
Sur le plan géographique, notre ancrage est le Djolof, avec ses réalités et ses défis spécifiques. Mais notre horizon est plus large : nous voulons bâtir des passerelles avec d’autres régions et avec la diaspora Djolof Djolof pour mutualiser les forces et amplifier l’impact.
Entre le 3 mai 2025, date de l’Assemblée générale constitutive et aujourd’hui, quels sont les actes qui ont été posés par la CCD ?
Depuis l’assemblée générale constitutive, plusieurs actes fondateurs ont été posés. On peut citer, entre autres, la mise en place des organes de coordination et des commissions thématiques, afin de structurer notre action ; l’élaboration d’un programme d’activités semestriel et d’un plan stratégique pour orienter nos initiatives. Des séances de sensibilisation et d’échanges avec les communautés locales pour recueillir leurs priorités et leurs attentes, ont été aussi organisées. Sans oublier la mobilisation de partenariats, notamment avec des organisations citoyennes et des acteurs de développement.
Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, avant même le lancement officiel de nos activités, nous avons déjà posé des actes significatifs : un soutien aux populations sinistrées de Thionokh avec une tonne de riz, à celles de Loumbi Djiby avec une demi-tonne de riz, ainsi que la remise d’exemplaires du Saint Coran lors de la journée Sargal Daarayi, etc.
Ces actions traduisent déjà notre volonté d’ancrer la CCD dans une dynamique concrète et durable.
Dans le programme d’activités rendu public, on note la journée du 30 août retenue pour le lancement officiel des activités de la CCD, quel est l’objectif visé à travers cette journée ?
Cette journée du 30 août, organisée à Linguère, revêt une portée symbolique et pratique. Elle marque le lancement officiel des activités de la CCD et constitue un moment de rassemblement, de mobilisation et de visibilité.
L’objectif est double :
- D’une part, donner une solennité à l’acte fondateur de notre engagement citoyen collectif.
- D’autre part, offrir un espace de réflexion et de partage, à travers des panels, débats et concertations, sur les voies et moyens de bâtir un Djolof plus prospère et plus solidaire.
Nous voulons que ce lancement soit une démonstration de notre unité et un signal fort adressé à toutes les forces vives du terroir.
Un petit flashback nous permet de constater que des tentatives de regroupement des Djolof Djolof n’ont pas manqué durant ces dernières décennies et ont fait presque toutes long feu. Qu’est-ce qui permet aujourd’hui aux citoyens du Djolof de croire que les leçons ont été tirées ?
Il est vrai que le Djolof a connu, dans son histoire récente, plusieurs initiatives de regroupement qui, pour diverses raisons, n’ont pas perduré. Mais chaque expérience, même avortée, a laissé des enseignements précieux.
La différence aujourd’hui, c’est d’abord la prise de conscience collective : nous savons désormais que notre avenir dépend de notre capacité à dépasser les égoïsmes, les querelles et les divisions. Ensuite, la CCD se distingue par son caractère inclusif, apolitique et non confessionnel, ce qui en fait un espace de rassemblement plutôt que de confrontation. Enfin, l’adhésion massive et spontanée des jeunes, des femmes et de la diaspora est un gage de vitalité et de pérennité.
C’est cette dynamique nouvelle, enracinée dans les valeurs du Djolof et ouverte à la modernité, qui nous permet de croire que cette fois-ci, l’histoire retiendra une expérience réussie.
Espacedev
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