Le Sénégal n’a pas battu le Maroc seulement, il a sauvé la coupe du monde 2026

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‎‘‘Il n’y a de force ni de puissance qu’en Dieu’’
‎Le

18 janvier 2026, le monde du football a assisté à la plus belle finale de l’histoire de la coupe d’Afrique.
‎Tout le monde en parle. Tellement d’émotions, de larmes, de sueurs, d’adrénalines, d’insultes, de prières, de Buzz, de situations, de retournement de situations, de Jom, de Fuleu…
‎Les lions de la Teranga nous ont encore rendu plus fiers d’être Sénégalais. Quelle victoire !
‎Le football a un pouvoir fédérateur, c’est plus qu’un sport. Il a un langage universel qui traverse les continents et transcende les générations, les différences, les cultures, les religions, la couleur de la peau…
‎Il nous offre des émotions extrêmes, des larmes de bonheur et de malheur. Il nous enseigne des valeurs de collectif, parce que ça se joue en équipe avec de l’effort partagé pour un but commun.
‎Il nous enseigne un esprit de dépassement de soi et de respect des autres. Sa beauté vient de sa diversité, du travail d’équipe et du jeu collectif. Ces émotions partagées font de ce sport le miroir de notre vivre en ensemble.
‎Depuis l’organisation de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, conçue comme un hommage à Nelson Mandela et une célébration de la réconciliation nationale post-apartheid autour des Bafana Bafana, le football a dépassé sa seule dimension sportive et éducative.
‎Longtemps perçu comme un espace de promotion de la solidarité, de la persévérance, de l’égalité des chances et de la fraternité entre les peuples, il est aujourd’hui devenu un puissant instrument de soft power.
‎Les États l’exploitent pour renforcer leur influence culturelle, économique et politique, améliorent leur image internationale et affirment leur place dans les rapports de force mondiaux.
‎C’est dans cette logique que le président Nicolas Sarkozy a reconnu avoir défendu, lors d’un déjeuner le 2 décembre 2010, la candidature du Qatar pour l’organisation de la Coupe du monde 2022.
‎Cet aveu illustre parfaitement comment le football est devenu un levier diplomatique et stratégique, dépassant largement le cadre du sport pour s’inscrire au cœur des relations internationales contemporaines.
‎Le Qatar a utilisé l’organisation de la Coupe du monde 2022 pour transformer son image, s’imposer comme un acteur diplomatique majeur et accélérer son attractivité touristique et économique.
‎L’Arabie saoudite, à travers le recrutement de stars mondiales dans son championnat, cherche à redorer son image et à diversifier son économie dans le cadre de sa Vision 2030.
‎Et pourtant ces pays ne sont pas des pays de football. Le Maroc, en multipliant les infrastructures sportives et les compétitions internationales, utilise le football comme vitrine de modernité et de stabilité en Afrique.
‎La prochaine coupe d’Afrique sera organisée par 3 pays (Ouganda, Tanzanie et Kenya) qui participeront parce qu’ils organiseront la compétition.
‎Le Maroc est un pays frère du Sénégal et nous prions pour que le stade de Rabah accueille la finale de la coupe du monde 2030 au détriment de l’Espagne et du Portugal.
‎Le soutien de la presse espagnole pour l’équipe Sénégalaise a pour objectif de montrer les limites du Maroc d’abriter une finale de coupe du monde.
‎Les relations entre les deux pays sont au-dessus du football, elles reposent sur une coopération ancienne, dense et multidimensionnelle, fondée à la fois sur des intérêts économiques, des convergences politiques et des affinités religieuses profondes.
‎Elles constituent l’un des exemples les plus aboutis de partenariat Sud-Sud en Afrique. Sur le plan économique, le Maroc est aujourd’hui l’un des principaux partenaires et investisseurs du Sénégal.
‎Les entreprises marocaines sont fortement implantées dans des secteurs stratégiques tels que la banque, les télécommunications, l’immobilier, l’énergie, l’agro-industrie et les engrais.
‎Ces investissements contribuent au financement de l’économie sénégalaise, à la création d’emplois et au transfert de compétences.
‎Le Sénégal, de son côté, représente pour le Maroc une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, en cohérence avec la stratégie marocaine d’expansion économique sur le continent.
‎Sur le plan politique et diplomatique, les deux pays entretiennent une relation de confiance marquée par une convergence de vues sur de nombreuses questions africaines.
‎Le Sénégal a toujours soutenu la position marocaine sur le dossier du Sahara, ce qui renforce leur alliance stratégique.
‎Cette proximité se traduit par une coopération active au sein des organisations africaines et internationales, ainsi que par une multiplication d’accords bilatéraux couvrant la sécurité, la formation, l’éducation et la gouvernance.
‎La visite du Premier ministre du Sénégal du 26 au 28 janvier 2026 en est un parfait exemple.
‎La dimension religieuse constitue un pilier essentiel de cette relation et nous invite à toujours rester ensemble.
‎Nos deux pays partagent un islam sunnite de rite malékite, fondé sur une tradition de tolérance, de modération et de coexistence pacifique. Par ailleurs, les liens historiques entre les Tidianes et le Mausolée de Cheikh Ahmed Tidiane Sherif renforcent la profondeur spirituelle de cette coopération.
‎Ainsi, les relations entre le Sénégal et le Maroc dépassent le cadre classique de la diplomatie. Elles s’inscrivent dans une dynamique globale alliant économie, politique et religion, faisant de ce partenariat un modèle de coopération stratégique africaine fondée sur la solidarité, la stabilité et le développement partagé.
‎Ce qui nous lie dépasse le sport, la CAF et la FIFA.
‎Sénégal terre de Teranga, de Jom et de Fuleu ! Ô pays mon beau peuple
‎Quand l’arbitre, appuyé par la VAR, annule un but du Sénégal et siffle un penalty contesté, beaucoup de Sénégalais et de footeux ont ressenti non seulement une frustration sportive, mais une forme d’injustice.
‎Le football, qui devrait être un espace d’équité, semble soudain reproduire des rapports de domination et de méfiance envers l’Afrique au sud du Sahara.
‎Le geste du coach Pape Thiaw demandant à ses joueurs de quitter le terrain est alors devenu un acte fort de dignité.
‎Ce n’était pas seulement une réaction émotionnelle, mais une manière de dire : « Nous refusons l’humiliation. Nous refusons d’être traités comme des acteurs secondaires dans cette compétition. »
‎C’est un acte de courage moral, une affirmation de souveraineté symbolique. Même si, sur le plan réglementaire, ce geste peut être discutable, sur le plan humain et politique, il portait un message puissant.
‎Pour les Subsaharienne et les Footeux, cette scène a eu un effet cathartique.
‎Elle a rappelé que la dignité ne consiste pas seulement à gagner, mais aussi à savoir dire non à ce qui est perçu comme injuste.
‎Elle a montré qu’on peut préférer l’honneur au résultat, le respect à la soumission.
‎Cela rejoint une longue histoire où la résistance ne passe pas toujours par la force, mais parfois par le refus.
‎On nous tue mais on ne nous déshonore pas.
‎Et lorsque, malgré ces épreuves, le Sénégal finit par s’imposer, la victoire prend une autre dimension.
‎Elle devient une victoire contre l’adversité, contre le doute, contre le sentiment d’injustice.
‎Elle symbolise la capacité de résilience des Africains : même quand le système semble défavorable, le courage collectif et la discipline peuvent triompher.
‎Ainsi, cette CAN n’a pas seulement produit un résultat sportif.
‎Elle a produit un narratif : celui d’un peuple qui ne se contente plus de jouer, mais qui exige le respect, qui transforme l’injustice en force, et qui fait de la victoire une reconquête de la dignité.
‎La CAF ne doit jamais oublier que le Sénégal est le porte-drapeau du continent pour la coupe du monde de 2026.
‎Donc cette équipe doit être renforcée si l’institution sert les intérêts du football africain. La sanction du Sénégal est synonyme de trahison du football africain. La CAF ne doit pas affaiblir une équipe qui gagne.
‎L’impression que nous avons dans cette CAN, c’est la capacité de la FIFA à orienter la géographie du football mondial selon des logiques géopolitiques, économiques et diplomatiques.
‎N’oublions pas que les USA sont co-organisateurs de la coupe du monde 2026. Si le Président Trump voit le football comme un espace de réalisation de la grandeur de l’Amérique, alors la FIFA devient pour lui un partenaire stratégique, l’enjeu serait différent.
‎Trump ne chercherait pas seulement l’organisation, mais la coupe à n’importe quel prix, même si sa police anti immigrant (ICE) doit descendre sur le terrain pour demander des visas à l’équipe qui joue contre les Américains, il le ferait.
‎La dimension business de la FIFA a souvent été critiquée pour ses dérives : soupçons de corruption, opacité financière et priorisation des intérêts économiques au détriment des droits humains ou de l’environnement.
‎Quand Gianni Infantino, remet un « Prix pour la Paix » à Donald Trump, dans un contexte où ce dernier a toujours exprimé son désir d’obtenir le prix Nobel de la paix, l’acte dépasse largement le cadre symbolique du sport.
‎Il devient un geste politique. La FIFA, censée être une institution sportive neutre, entre alors dans un registre de reconnaissance diplomatique parallèle.
‎Le prix Nobel de la paix est attribué par une institution indépendante avec une longue tradition morale et politique.
‎Quand une organisation sportive mondiale attribue un prix similaire, elle crée une forme de concurrence symbolique.
‎Cela peut être perçu comme une tentative de compenser une absence de reconnaissance internationale officielle, ce qui alimente forcément le soupçon d’un geste de complaisance politique.
‎Dans ce cadre, le doute n’est pas de la suspicion gratuite, mais une lecture réaliste des rapports de pouvoir.
‎Il faut comprendre aujourd’hui que l’idéologie du Make American Great Again (MAGA) est très alimentée par les travaux de Curtis Yarvin, qui théorise la souveraineté monarchique extrêmement autoritaire.
‎Yarvin pense que nous sommes dans un monde de force, de puissance et de pouvoir, le Président de la République doit se comporter comme un chef d’entreprise.
‎Si on ne surveille pas les hommes d’affaires qui sont autour du Football et un Président comme Trump qui interdit 75 pays de visas américains, la coupe du monde serait comme Groenland ou Venezuela.
‎En résumé, si le Sénégal n’avait pas combattu contre tous ses adversaires du soir (Maroc, CAF, FIFA, VAR, Arbitre et son assistant Brahim Diaz), la Coupe du monde deviendrait un laboratoire pour une vision yarvinienne : un événement centralisé, hiérarchisé et instrumentalisé politiquement, où Donald Trump prime sur les règles traditionnelles de compétition sportive et dira au monde démocratique « Nous l’avons organisé, nous allons la prendre ».
‎Malheureusement on n’a pas eu le temps de discuter du 3 – 5 – 2 de Pape Thiaw après le but et le deuxième temps du jubilé de Pape Gueye.
‎Par Khadim Bamba DIAGNE "
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