Un atelier national de dialogue politique consacré au nexus genre, au foncier et au changement climatique a été organisé par Enda PRONAT, en collaboration avec OREADE BRÉCHE.
Cet espace d’échange qui a réuni, en priorité, des leaders communautaires, des organisations paysannes et de femmes, des élus locaux, des représentants des institutions publiques, des parlementaires, des organisations de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers visait à transformer un diagnostic partagé en engagements politiques concrets, capables de renforcer la justice foncière, l’égalité de genre et l’adaptation climatique au Sénégal.
Dès le premier jour, explique Enda PRONAT, les discussions ont mis en évidence un consensus fort : la réforme foncière, l’égalité de genre et l’adaptation au changement climatique ne peuvent plus être abordées séparément. Pour notre source, leur articulation constitue un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire, la résilience des systèmes agricoles et la prévention des conflits liés aux ressources naturelles. Une convergence qui, toujours selon la même source, appelle à la fois des décisions structurantes au niveau national et des actions ancrées dans les territoires, au plus près des communautés rurales.
Les échanges avec les parlementaires ont fait ressortir, lors de cet atelier, la nécessité de renforcer la prise en compte des enjeux climatiques et de genre dans les travaux relatifs à la réforme foncière. Il est à noter aussi que plusieurs engagements ont été évoqués, notamment la transmission des conclusions de l’atelier aux commissions compétentes, l’évaluation de l’application des lois relatives aux droits fonciers des femmes, ainsi que le renforcement du contrôle parlementaire. Une attention particulière a été portée à la question des terres dégradées ou réhabilitées, avec l’appel à ce qu’elles bénéficient prioritairement aux communautés paysannes locales, et notamment aux femmes, dans une logique de justice sociale et de restauration des moyens de subsistance.
Du côté du secteur agricole, les discussions ont mis en avant, selon Enda PRONAT, l’importance d’intégrer pleinement la dimension changement climatique dans les documents de cadrage politique en cours, en particulier la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale et Halieutique. Sans oublier le fait que les participants ont également insisté sur la nécessité de mieux diffuser les informations relatives aux dispositifs d’appui et de financement, afin d’en améliorer l’accessibilité pour les producteurs et productrices, en particulier les femmes engagées dans des pratiques agroécologiques.
Les collectivités territoriales, quant à elles, ont réaffirmé, selon notre source, leur rôle central dans la sécurisation foncière des femmes. Les échanges ont souligné, dans le même sillage, l’importance de l’accompagnement des groupements féminins pour l’accès à la terre, la médiation sociale et la régularisation foncière, mais aussi la responsabilité politique des élus locaux à porter un discours public favorable à une gouvernance foncière plus inclusive. A cette occasion, les commissions foncières locales ont été appelées à dépasser une approche strictement administrative, en intégrant davantage la médiation sociale et l’application effective du cadre légal garantissant l’égalité des droits.
À travers cet atelier, ENDA PRONAT confirme son rôle de facilitateur du dialogue multi-acteurs et de catalyseur de dynamiques territoriales en faveur d’une transition agroécologique juste et inclusive. Ainsi, les engagements exprimés constituent une base solide pour renforcer le plaidoyer national et inscrire durablement le nexus genre–foncier–climat au cœur des politiques publiques.










