Alors que les pays des deux côtés de l’Atlantique intensifient les expulsions de migrants sans papiers, en Espagne, le gouvernement défend la régularisation de centaines de milliers de travailleurs comme un moyen de leur offrir une protection juridique et d’apporter davantage de fonds à un système de sécurité sociale mis à mal par le vieillissement de la population.
Le gouvernement socialiste espagnol s’apprête à régulariser la situation d’environ un demi-million de personnes qui vivent et travaillent actuellement sans papiers dans le pays. Les ressortissants étrangers sans casier judiciaire, arrivés avant la fin de l’année 2025 et pouvant prouver qu’ils vivent en Espagne depuis au moins cinq mois, pourront bientôt prétendre à un permis de séjour renouvelable d’un an. Les personnes qui ont demandé l’asile dans le pays avant le 31 décembre pourront également en faire la demande. La ministre de l’Immigration, Elma Saiz, a déclaré, mardi 27 janvier, que les demandes pourront être déposées entre avril et juin.
Cette régularisation massive, la première en Espagne depuis plus de 20 ans, est née d’une proposition soutenue par les citoyens, signée par quelque 700 000 personnes et appuyée par des centaines d’organisations de la société civile, et également l’Église catholique.
Si la plupart des immigrants en Espagne ont un statut légal, l’économie florissante du pays a également attiré des centaines de milliers de personnes, pour la plupart en âge de travailler, venues du monde entier pour rejoindre l’économie informelle du pays. Les migrants sans papiers travaillent sur les chantiers de construction, dans les fermes, dans les magasins et les restaurants ou chez des particuliers, où ils font la cuisine, le ménage et s’occupent des enfants.
La plupart de ces travailleurs proviennent des anciennes colonies du pays en Amérique latine et en Afrique du Nord, telles que le Venezuela, la Colombie, l’Équateur et le Maroc voisin.
Et si les images de migrants escaladant les barbelés qui entourent les enclaves espagnoles en Afrique du Nord ou se dirigeant vers les îles Canaries dans des embarcations de fortune ont durablement marqué l’imaginaire collectif, la réalité est généralement moins dramatique. La plupart des migrants sans papiers sont des personnes entrées légalement en Espagne, qui ont dépassé la durée de validité de leur visa et trouvent du travail au noir.
À contre-courant de la tendance
Cette décision contraste fortement avec le durcissement de l’approche envers l’immigration clandestine qui s’est répandu en Europe et aux États-Unis ces dernières années, à mesure que l’extrême droite a gagné du terrain. Malgré la baisse du nombre d’arrivées irrégulières, les États membres de l’Union européenne ont approuvé en décembre dernier des mesures migratoires plus sévères qui permettraient d’expulser les demandeurs d’asile déboutés vers des « centres de retour » ou vers des pays avec lesquels ils n’ont aucun lien. En France, les chiffres de l’année dernière montrent une augmentation du nombre d’expulsions, parallèlement à une diminution du nombre de migrants sans papiers parvenant à bénéficier d’un accès légal au marché du travail.
Le Premier ministre Pedro Sanchez a affirmé que, loin d’être un fardeau pour les services sociaux du pays comme le prétendent ses détracteurs, les migrants jouent un…
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