Aires marines protégées : la troisième stratégie nationale 2026-2030 dans le circuit de validation

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Sous la houlette de la Direction des aires marines communautaires protégées (DAMCP), Le ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique (METE), est en plein dans l’élaboration de la Stratégie nationale des Aires Marines Protégées pour la période 2026-2030 (SNAMP 2026–2030). Elle est la suite des 2 stratégies que sont celle de 20

14 – 2018 et la toute dernière de 2020 – 2024.

Cette SNAMP 2026–2030 est, selon le Colonel Momar Sow, une boussole stratégique qui a l’ambition forte de porter la couverture des aires marines protégées à au moins 10 % de la Zone Économique Exclusive du Sénégal d’ici 2030, tout en garantissant une meilleure efficacité de gestion, une gouvernance transparente et des mécanismes de financement pérennes. Suffisant pour que le METE, en relation avec ses différents partenaires, organise le vendredi 15 mai, un atelier de validation de ce document stratégique.

Pour le Colonel Sow, trois axes sous-tendent cette stratégie. Un axe qui est consacré à tout ce qui est fonctionnalité et gestion efficace des aires marines protégées. Une autre pour promouvoir tout ce qui est bénéfice socio-économique et concilier conservation et économie bleue. Et une autre, la dernière, qui consacre un peu tout ce qui est développement de la recherche, mais au service de la gestion des aires marines protégées.

Tout ceci, précise-t-il, « pour un budget d’à peu près 10 milliards FCFA, un budget qui s’est voulu réaliste parce que c’est une orientation majeure qu’on va avoir sur cette stratégie 2026-2030 ».

Avec cette stratégie, l’Etat du Sénégal, via la DAMCP, va aller un peu plus vers les fonds marins. « Si vous voyez la panoplie des aires marines protégées qui ont été développées ces dix dernières années, elles sont presque toutes littorales. Cette fois-ci, il y a une exigence d’aller conserver de la biodiversité marine côtière, mais dans les fonds océaniques. Cela va nous permettre, à échéance, de doubler le taux de classement et de commencer à combler les lacunes par rapport aux conventions internationales dont la plus célèbre est celle de la diversité biologique qu’on appelle communément Kunming Montréal où on est attendu sur 30% de classement de ces fonds océaniques alors que, pour l’instant, on était à 5%. Mais, cette stratégie va nous permettre de faire un bond pour aller à 10% », explique Momar Sow.

Ce document, explique le patron de la DAMCP, est le fruit d’un processus profondément participatif et inclusif. « Je tiens ici à saluer l’engagement des catégories d’acteurs que sont : administrations, collectivités territoriales, professionnels de la mer, scientifiques, société civile et nos précieux partenaires techniques et financiers. Votre expertise croisée et votre connaissance du terrain ont été le socle de ce travail », confesse-t-il.

Avec cet atelier, l’objectif est, pour la DAMCP, de s’approprier les orientations stratégiques et le cadre opérationnel de la SNAMP ; recueillir les ultimes observations et recommandations constructives des différents acteurs ; renforcer la convergence de vue autour de ces priorités nationales de conservation ; enfin, de consolider la versionfinale de la stratégie en vue de son adoption officielle par les plus hautes autorités.

Pourquoi une stratégie nationale des AMP ?

Le Sénégal est, par essence, une grande nation maritime, avec une façade côtière d’environ 718 kilomètres et une Zone Économique Exclusive ancrée au cœur du Grand Écosystème Marin du Courant des Canaries. Ce capital naturel exceptionnel, d’une productivité biologique et d’une diversité remarquable, soutient un secteur halieutique qui constitue l’un des piliers incontestables de l’économie nationale. Il offre des milliers d’emplois et nourrit nos populations au quotidien.

Cependant, Ce vaste espace maritime, subit aujourd’hui une intensification rapide et sans précédent des pressions tant environnementales qu’économiques. La surexploitation de certains des stocks halieutiques, la dégradation des habitats côtiers, la pollution marine, les effets de plus en plus tangibles du changement climatique, ainsi que l’émergence de nouvelles activités industrielles offshore, menacent cet équilibre fragile.

Face à ce constat, l’inaction n’est pas une option. La gouvernance durable de notre espace marin est devenue un impératif de survie, un enjeu stratégique majeur pour le Sénégal. C’est dans ce contexte que les Aires Marines Protégées (AMP) s’imposent comme un instrument central des politiques publiques. Loin d’être de simples zones de mise sous cloche, les AMP sont des espaces dynamiques permettant de concilier la conservation de notre riche biodiversité, la garantie de notre sécurité alimentaire, le renforcement de notre résilience climatique et le développement d’une véritable « économie bleue » durable et équitable.

Ainsi, au nom du Gouvernement du Sénégal et en son nom propre, le Directeur de la DAMCP a adressé ses sincères remerciements à OCEAN 5, partenaire clé dans l’élaboration de ce document, au PRCM, ainsi qu’à l’ensemble des parties prenantes, pour leur engagement constant en faveur de la préservation de la biodiversité marine et du bien-être des communautés.

L’engagement du ministère des Pêches

Le représentant du ministre des Pêches et de l’Economie maritime a, pour sa part, tenu à saluer l’initiative du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, qui démontre, par cette démarche inclusive, la nécessité d’une gestion concertée de notre patrimoine marin.


« Nos océans, et particulièrement nos eaux sénégalaises, sont le moteur de notre économie et le garant de notre sécurité alimentaire. Cependant, ils font face à des pressions intenses : surpêche, changement climatique et dégradation des écosystèmes », explique Mamadou Thiam.

« Pour le département des pêches, les aires marines protégées ne sont plus une simple option de conservation, mais un outil stratégique de production. Le PSD 2026-2030 est donc un levier fondamental pour restaurer les habitats critiques en protégeant les frayères et nourriceries ; harmoniser nos politiques en conciliant la conservation stricte avec l’exploitation durable par nos pêcheurs ; Renforcer la résilience parce qu’une mer saine est une mer productive, capable de fournir des emplois à nos communautés côtières », pour le représentant de Mme le ministre Dr Fatou Diouf.

M. Thiam n’en salue pas moins l’accent mis dans cette nouvelle stratégie sur les AMP transfrontalières et la haute mer, en prélude au 6e Congrès mondial des AMP en 2027, pour lequel le Sénégal se positionne en leader.

Espacedev

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