Journée mondiale des océans 2026 : L’appel pressant de la CONAPED

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La Journée mondiale des océans 2026 est célébrée ce lundi 8 juin. Le Sénégal qui bénéficie d’une frange maritime longue de quelque 7

18 kilomètres ne pouvait pas être en reste. Célébrée sous le thème « Des aires marines protégées robustes pour notre planète bleue », cette journée a été l’occasion pour la Coalition nationale pour une pêche durable (CONAPED) qui s’est retrouvée à Saint-Louis, de lancer un appel. Il s’agit, pour cette organisation, de « Réinventer : au-delà du monde que nous connaissons, une nouvelle relation avec nos océans ».

“Pour la CONAPED, réinventer notre relation avec les océans signifie rompre avec les pratiques et les décisions qui ont contribué à l’épuisement progressif des ressources halieutiques. Réinventer, c’est placer la durabilité, la transparence, la science et l’intérêt général au cœur de la gouvernance des pêches”, note un communiqué parvenu à espacedev.

La même source nous enseigne que le Sénégal a l’opportunité de démontrer que la protection des océans et le développement économique ne sont pas incompatibles. “Des aires marines protégées robustes, associées à une gestion transparente, légale et durable des pêches, constituent l’un des meilleurs investissements pour la sécurité alimentaire, l’emploi et la prospérité des générations futures”, explique-t-elle.

Cependant, précise le texte, des aires marines protégées robustes ne se résument pas à des limites tracées sur une carte.  Sachant qu’elles exigent des politiques publiques cohérentes, la CONAPED relève que les AMP et les ZPP sont principalement établies dans les zones réservées à la pêche artisanale, où les communautés ont accepté de renoncer à des espaces parmi les plus productifs afin de contribuer à la restauration des ressources et à la réduction de l’effort de pêche dans la zone côtière.

Ce qui l’amène à souligner que “les pêcheurs ne peuvent être durablement convaincus de renoncer à des zones de pêche productives au profit des AMP et des ZPP si, dans le même temps, les autres zones continuent de perdre leur productivité sous l’effet d’une pression de pêche excessive”. Une remarque d’autant plus pertinente qu’à l’en croire, “la conservation repose sur un contrat social : les sacrifices consentis aujourd’hui doivent permettre l’abondance de demain. Toute décision qui fragilise les ressources des zones ouvertes à la pêche menace ce contrat et affaiblit la crédibilité des politiques de conservation”.

Fort de tout cela, la CONAPED ne peut pas ne pas s’interroger sur ce qui pourrait justifier l’introduction de nouveaux chalutiers industriels dans cette même zone pour cibler les stocks démersaux les plus fragiles, alors que les avis scientifiques les plus sérieux recommandent leur protection. La Coalition croit dur comme fer que “cette décision contredit les sacrifices consentis par les acteurs, les objectifs des AMP et des ZPP, ainsi que les efforts engagés depuis près de vingt ans pour restaurer les ressources halieutiques”.

Face à l’argument de la sécurité alimentaire qui est mis en avant, les défenseurs d’une pêche durable pensent qu’il “est d’autant moins convaincant que le potentiel exploitable invoqué d’environ 2 900 tonnes représente une quantité marginale au regard d’une consommation nationale estimée à près de 200 000 tonnes par an. Et que, dans le même temps, le Sénégal exporte chaque année plus de 230 000 tonnes de produits halieutiques”.

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La CONAPED s’étonne, à travers son communiqué, que le ministre des pêches sortant invoque un « profond sens de responsabilité » dans la publication d’une liste des navires de pêche industrielle autorisés à opérer dans les eaux sénégalaises, en oubliant de diligenter l’audit sur l’origine de ces navireset comment ils ont fait pour intégrer la flotte sénégalaise et disposer de licences en cours de validité. 

La CONAPED rappelle que la transparence, l’État de droit et la redevabilité sont au cœur des engagements pris devant les citoyens sénégalais. Ainsi, note-t-elle, “le Gouvernement ne peut donc rester indifférent lorsqu’une mesure menaçant des années de travail est prise et que cette mesure est décriée par les principales organisations du secteur de la pêche”. Et de poursuivre : “Une gouvernance crédible ne se mesure ni aux discours ni aux seuls rapports transmis par les ministres, mais à la capacité des autorités à vérifier les faits, à exercer leur devoir de contrôle et à corriger les actes contraires à la légalité, à la transparence et à l’intérêt général”. Toutes choses qui font que la CONAPED exige que toute “la lumière soit faite sur le dossier de levée de gel et l’attribution de nouvelles licences sur les espèces démersales côtières, que les responsabilités soient situées, et les mesures de corrections nécessaires prises”.

Réinventer notre relation avec les océans, c’est également réinventer la gouvernance des pêches :  écouter les communautés, respecter la science, appliquer la loi et protéger les zones côtièresles plus sensibles plutôt que d’y accroître la pression de pêche.

En cette Journée mondiale des océans, la CONAPED lance un appel solennel aux autorités sénégalaises afin de :

∙ Mener une enquête indépendante, impartiale et approfondie sur les conditions, les circonstances et les réelles motivations ayant conduit à la levée du gel sur les espèces démersales côtières et la délivrance des licences récemment accordées ;

∙ Maintenir le principe de précaution et le gel des licences tant que les conditions scientifiques, techniques et de gouvernance ne garantissent pas la durabilité des ressources ;

∙ Ouvrir un dialogue national inclusif sur l’avenir des pêches et la contribution du secteur à la souveraineté alimentaire ;

∙ Renforcer la transparence, la cogestion et le respect des recommandations scientifiques dans toutes les décisions relatives à l’exploitation des ressources halieutiques ;

∙ Respecter les 13 points d’engagements de la charte pour une pêche durable.

Le Sénégal a l’opportunité historique de montrer qu’une autre voie est possible : celle d’une économie bleue responsable, d’une gouvernance transparente et d’une exploitation durable des ressources marines.

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