En février 2026, les inondations provoquées par les cyclones tropicaux Fytia et Gezani ont déferlé sur les champs et les terres cultivées de Madagascar, emportant cultures et récoltes sur quelque
174 000 hectares. Ces cyclones ont fait plus de 70 morts et environ 67 000 déplacés, perturbant les services essentiels et les systèmes alimentaires.Selon un communiqué de la Banque africaine de développement (BAD), le gouvernement de Madagascar a reçu, en quelques semaines, une indemnisation de 5,6 millions de dollars, versée par l’African Risk Capacity (ARC ; en français, Mutuelle panafricaine de gestion des risques), dans le cadre d’un dispositif de couverture des risques de catastrophe soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement. Ainsi, avec son Programme de financement des risques de catastrophe en Afrique (ADRiFi), le Groupe de la Banque a aidé Madagascar à régler les primes d’assurance qui ont rendu ces versements possibles.
« Le Programme de financement des risques de catastrophe en Afrique met stratégiquement en commun les ressources de multiples bailleurs, gouvernements nationaux et agences internationales pour financer les primes d’assurance ainsi que l’assistance technique à ces dispositifs. Le Groupe de la Banque africaine de développement adhère à ce modèle de responsabilité partagée, qui démultiplie les financements pour aider les pays africains à être moins réactifs face aux catastrophes et, au contraire, plus proactifs dans la gestion des risques », explique Donald Singué, coordinateur d’ADRiFi à la Banque.
Le programme s’appuie, selon la même source, sur un fonds fiduciaire multi-bailleurs créé en 2021, qui regroupe les financements de partenaires tels que le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège et les Pays-Bas. Une architecture qui permet aux bailleurs de mutualiser leurs ressources dans un cadre unique, ce qui renforce l’efficacité et l’impact du financement des risques climatiques.
En 2018, la Banque africaine de développement s’est associée au Groupe African Risk Capacity, agence spécialisée de l’Union africaine qui apporte son expertise technique et gère des mécanismes de mutualisation des risques d’assurance. En exigeant des pays qu’ils prennent en charge une partie du coût des primes, le programme garantit que les gouvernements disposent d’une planification anticipée et de financements pré-approuvés pour faire face aux chocs climatiques.
À ce jour, le programme a permis de protéger plus de huit millions de personnes contre des catastrophes climatiques majeures. Plus de 330 millions de dollars de risques climatiques ont été transférés aux marchés internationaux de l’assurance par son intermédiaire, qui a géré plus de 72 millions de dollars d’indemnisations versées aux pays participants pour soutenir leurs efforts de réponse rapide et de relance après catastrophe.
Déployé dans 18 pays, le programme ADRiFi s’inscrit pleinement dans la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), la vision stratégique du président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, pour mobiliser des capitaux à grande échelle au service du développement du continent. En rendant le financement souverain des risques climatiques pré-arrangé, contractuel et prévisible, le programme fait progresser deux des Quatre Points cardinaux de l’institution panafricaine : l’accès renforcé aux capitaux et la réforme des systèmes financiers.
Espacedev (Source : BAD)
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