Des initiatives locales à l’action climatique : ces jeunes qui font émerger des solutions en Afrique de l’Ouest et du Centre

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En Afrique de l’Ouest et du Centre, l’ampleur des déplacements liés au climat est déjà considérable. Selon des données récentes de l’OIM,

1,8 million de personnes dans la région ont été déplacées à l’intérieur de leur pays en raison d’aléas climatiques en 2025, tandis que des millions d’autres continuent de faire face à des pressions environnementales croissantes qui devraient s’intensifier dans les années à venir.

A travers la région, une nouvelle génération de jeunes leaders démontre que la mobilité climatique n’est pas seulement un défi auquel il faut faire face ; elle constitue également une occasion de repenser la résilience fondée sur une approche communautaire.

Au Bénin, Modoukpe Christelle Oniodje coordonne l’Organisation des Jeunes pour l’Eau et les Changements Climatiques (OJECC-Bénin). Créée en février 2020, elle figure parmi les rares organisations du pays à travailler sur cette thématique.

Selon les données de l’OIM, les catastrophes liées au climat représentaient 6 % des déplacements internes dans le nord du Bénin en 2025. Pour y faire face, Christelle et son équipe restaurent des écosystèmes dégradés tout en développant des filières autour du bambou afin de créer de nouvelles opportunités économiques.

« Alors que la dégradation de l’environnement menace de plus en plus nos villages, nous plantons du bambou le long du fleuve Olodjo à Wassimi, dans la commune de Dassa-Zoumè», explique Christelle. « Ses racines forment une solide barrière naturelle contre les inondations. Ce projet ne se limite pas à stabiliser les berges ; il contribue à protéger les habitations, à préserver les moyens de subsistance et à donner aux familles la possibilité de rester en sécurité sur leurs terres. Car lorsque les communautés peuvent continuer à vivre dignement de leurs terres, elles sont beaucoup moins susceptibles d’être contraintes de la quitter», ajoute-t-elle. En associant restauration environnementale et opportunités économiques locales, l’initiative vise à réduire les risques d’inondation, à restaurer les terres dégradées et à développer les filières du bambou, tout en renforçant la capacité des communautés à s’adapter aux effets du changement climatique.

Pour Modoukpe Christelle Oniodje, le dialogue avec les communautés est au cœur des initiatives locales visant à répondre aux enjeux climatiques et environnementaux au Bénin. Photo : OJECC-Benin

Au Mali, où les inondations ont entraîné le déplacement de près de 5 900 personnes entre juin et septembre 2025, l’Association pour le Développement de la Culture Entrepreneuriale au Mali (ADCE Mali), dirigée par Lalla Aicha Guindo, accompagne les migrants, les personnes déplacées et les communautés d’accueil dans le développement de moyens de subsistance plus résilients face au changement climatique.

À travers des formations professionnelles, l’accès à des équipements partagés et un accompagnement pour développer des activités génératrices de revenus adaptées aux réalités et aux contraintes climatiques locales, l’association crée des opportunités permettant aux communautés non seulement de se relever après les chocs environnementaux, mais aussi de mieux se préparer à ceux à venir.« Soutenir les communautés dans leur adaptation à la mobilité climatique est essentiel pour permettre aux jeunes, aux femmes, aux migrants, aux personnes déplacées et aux communautés d’accueil de développer des moyens de subsistance durables. Grâce aux programmes de formation professionnelle que nous allons mettre en œuvre, nous souhaitons doter les communautés des compétences et des connaissances nécessaires à la création d’activités génératrices de revenus, tout en favorisant la cohésion sociale », explique Lalla Aicha Guindo, Présidente de l’ADCE Mali.

Lalla Aicha Guindo aux côtés de membres de la communauté dans le cadre d’une initiative locale visant à renforcer la résilience face aux effets du changement climatique au Mali. Photo : ADCE Mali

Bien que leurs approches soient différentes, les deux organisations partagent une même ambition : donner aux communautés les moyens de construire elles-mêmes leurs réponses aux effets du changement climatique.

Consciente du potentiel de ces initiatives portées localement, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a sélectionné les deux organisations dans le cadre du Africa Youth Climate Mobility Accelerator Fund (Fonds d’accélération de l’action des jeunes africains en faveur de la mobilité climatique). Chacune bénéficie d’un financement de 15 000 dollars ainsi que d’un accompagnement technique tout au long de la mise en œuvre. Le Fonds s’appuie sur le Programme de renforcement des capacités des jeunes de l’OIM sur la mobilité climatique en Afrique et permet à de jeunes leaders de transformer leurs idées prometteuses en solutions concrètes, adaptées aux défis de la mobilité liée au climat dans leurs communautés.

« L’OIM reconnaît l’importance de donner aux jeunes leaders les moyens de développer des solutions innovantes et ancrées dans les réalités locales face aux défis de la mobilité climatique dans leurs communautés », a déclaré Oforitsete Ogor, Chargée de développement de projets – thématique Migration, Environnement et Changement climatique au Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

« Cet appui va au-delà du renforcement des capacités, en fournissant aux organisations dirigées par des jeunes et des femmes les ressources techniques et financières nécessaires pour transformer leurs idées en actions et contribuer de manière significative à répondre aux effets des changements climatiques sur la mobilité humaine». Plutôt que de considérer les jeunes comme de simples bénéficiaires de l’action climatique, l’initiative les reconnaît, et en particulier les jeunes femmes, comme des acteurs à part entière de la conception et de la mise en œuvre des solutions face à l’un des défis les plus pressants de la région. Alors que le changement climatique influence de plus en plus les dynamiques de migration et de déplacement en Afrique de l’Ouest et du Centre, les réponses portées au niveau local seront essentielles pour construire des communautés capables de s’adapter à un avenir incertain.

Des enfants participent à une activité de plantation dans le cadre d’initiatives visant à renforcer la résilience des communautés au Mali. Photo : ADCE Mali

Les projets mis en œuvre au Mali et au Bénin vont également au-delà de leur impact local. Ils serviront d’espaces d’apprentissage, permettant de tirer des enseignements concrets susceptibles d’alimenter et d’inspirer des initiatives similaires dans toute la région. Ces initiatives mettent en évidence l’importance d’investir dans des solutions conçues au plus près des communautés pour renforcer leur résilience dès aujourd’hui, tout en les aidant à mieux se préparer aux défis climatiques de demain.

Source : OIM

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