Campagne de commercialisation de l'arachide 2022-2023 : des milliers d'emplois directs et indirects menacés dans l'industrie sénégalaise

Campagne de commercialisation de l'arachide 2022-2023 : des milliers d'emplois directs et indirects menacés dans l'industrie sénégalaise

Depuis le démarrage de la campagne arachidière au Sénégal il y'a 10 jours, aucun centre de collecte et de stockage de graines n'a réceptionné de l'arachide provenant de nos parents paysans. Malgré la bonne pluviométrie cette année en début d'hivernage, il faut reconnaître qu'une abondante partie des cultures à été endommagée hélas par les dernières pluies alors qu'on était juste à quelques semaines de la récoltes. À cette difficulté s'ajoute le manque de semence de qualité subventionnée tant décriée par les acteurs en début de saison, ce qui a amené un paysan de Niaoulé Tanou à prendre son destin en main pour acheter des semences au-delà de 1000frs le kilogramme et le sac d'engrais à 18000frs étant entendu qu'il faut 3 sacs à l'hectare.

Pourtant le Gouvernement du Sénégal a bel et bien injecté une subvention de 60 milliards sur les semences et intrants agricoles pour soulager les acteurs du monde rural qui malheureusement n'ont pas senti ces efforts. C'est lieu pour l'État de diligenter une enquête pour connaître les véritables bénéficiaires de cette subvention qui a été dégagée pour booster la production nationale. Avec cette situation actuelle la SONACOS est incapable de faire tourner ses usines faute de graines d'arachide qui est la matière première nécessaire pour les huiliers, avec comme conséquence un impact fort négatif sur le travail de ses potentiels clients dont NMA, AVISEN, SETUNA entre autres qui auront des difficultés à produire de l'aliment de bétail et de la volaille.

Monsieur le Président l'heure est grave et il urge de sauver l'industrie sénégalaise ainsi que toute sa chaîne de valeur en faisant respecter les lois et règlements de ce pays en l'occurrence le décret 2010-15 du 13 janvier 2010 portant libéralisation de l'exportation de l'arachide dont l'article 2 dispose : "L'exportation des graines destinées à l'ensemencement reste soumise à l'autorisation du Ministre chargé du Commerce après avis des services techniques du Ministre en charge de l'Agriculture."

Par conséquent, la commercialisation des graines d'arachide issues de notre production nationale doit revenir prioritairement à la SONACOS qui est une société nationale avant toute tentative d'exportation hors de nos frontières, et l'État doit veiller à ces devoirs régaliens pour ne pas faire tomber en faillite nos industries et envoyer au chômage des milliers d'employés pères et mères de famille.

 

Elhadj Momar Dieye, délégué du personnel Sonacos Kaolack