Afrique du Sud : la BAD a réussi l'émission de ses premières obligations vertes en monnaie locale

Afrique du Sud : la BAD a réussi l'émission de ses premières obligations vertes en monnaie locale

La BAD a émis avec succès ses premières obligations vertes en monnaie locale sud-africaine. Mais ce succès révèle aussi la difficulté pour l’Afrique à mobiliser des ressources nécessaires au financement du développement vert.

La Banque africaine de développement (BAD) a émis avec réussite ses premières obligations vertes en rand, la monnaie locale sud-africaine. 200 millions de rands (11,4 millions $) ont été mobilisés en cette circonstance dans le cadre d'un placement privé arrangée par la firme Daiwa Capital Markets Europe qui a son siège à Londres.

Selon l'institution multilatérale africaine de financement du développement, les fonds levés serviront à financer des projets verts qui répondent à ses critères d’éligibilité au programme d’obligations vertes, dans le but d’aider les pays africains à opérer leur transition vers une croissance verte.

« Nous sommes très heureux du succès de l'émission de notre première obligation verte dans un format de placement privé sur le marché sud-africain en rand, et reconnaissons le rôle de Sony Bank qui a aidé la Banque à élargir et à diversifier sa base d'investisseurs pour soutenir notre objectif de favoriser la croissance verte en finançant des projets éligibles liés au changement climatique et en œuvrant à la réalisation des ODD du continent », a fait savoir Keith Werner, le responsable du département marché des capitaux et opérations financières au sein de la BAD.

L'unique investisseur de cette opération est en effet Sony Bank, une des filiales financières du géant japonais de l'électronique Sony Group. C'est la toute première émission d'obligations vertes en monnaie locale africaine, depuis 2013 que la BAD déploie son programme d'obligations vertes. Bien que l'institution soit l'un des rares émetteurs africains notés triple A, la présente opération est assortie d'un taux d'intérêt de 6,9%

Ce niveau de rendement exigé par les investisseurs, même pour une institution à la crédibilité reconnue, montre toute la difficulté qu'il y a pour l'Afrique à mobiliser des ressources pour l'atteinte des objectifs de développement durable. Déjà, les volumes mobilisables sont modestes et la tarification pour les emprunteurs est élevée. A titre de comparaison, Goldman Sachs sur une opération d’obligations vertes en 2021 a reçu des taux de moins de 1%.

Pourtant, Gaku Funakoshi, responsable du département de la trésorerie et des investissements de Sony Bank, a tenu à rassurer en disant: « avec cet investissement, Sony Bank est heureuse de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable, en tant qu'investisseur responsable ESG, et s'efforcera en outre de contribuer au développement d'une société durable, conformément aux politiques d'investissement ESG de Sony Financial Group ».

Agence Ecofin