L’après COP 27 : des chercheurs lient l’inflation au changement climatique

L’après COP 27 : des chercheurs lient l’inflation au changement climatique

L’après Charm-El-Sheikh continue son bonhomme de chemin. Le panel sur «COP 27 : bilan et perspectives pour l’Afrique» à la salle visioconférence de l’Ucad 2 organisé le jeudi 22 décembre par le Centre ouest-africain de service scientifique sur le changement climatique et l’utilisation adaptée des terres (Wascal, en anglais). L’occasion était belle pour lister les problèmes occasionnés par le changement climatique. Ainsi, le directeur de l’Institut des politiques publiques, le professeur Ben Oumar Ndiaye, estime que même «la question de l’inflation est liée aux changements climatiques». En effet, selon lui, les prix de certains produits dépendent en grande partie du niveau de production qui demeure affecté par les changements climatiques. Il a indiqué, en outre, que «les collectivités locales, malheureusement, ne font pas partie des espaces de négociation et ne contribuent pas à la réflexion sur la mobilisation du financement».

Sous ce rapport, Pr Ndiaye pense qu’il est important à l’étape actuelle «de revisiter le modèle» pour que l’approche soit ascendante afin de permettre aux collectivités locales de prendre en main les négociations sur les changements climatiques. Dans le même sillage, le Professeur Cheikh Mbow, directeur général du Centre de suivi écologique (Cse), indique que «les Etats qui s’engagent aujourd’hui sur la voie de l’émergence risquent de mettre énormément de ressources sur les infrastructures dont la durabilité n’est pas garantie».

Pour illustrer son propos, Pr Mbow affirme que «les routes et les ponts sont détruits par les inondations, d’autres infrastructures sont affectées par la chaleur ou l’érosion côtière». D’où l’urgence pour les Etats, selon lui, de mettre en avant «les changements climatiques dans les projets d’infrastructures». Cheikh Mbow estime qu’il est indispensable de se pencher sur un travail intellectuel essentiel à ce niveau. «C’est là que les universités sont attendues sur la question, car les grandes idées sur la question viennent du Nord. Des concepts sont manipulés et il faut savoir les décrypter et mettre en lumière tous les enjeux qui sont derrière», a-t-il dit.