L'archéologie pour mieux comprendre le changement climatique

L'archéologie pour mieux comprendre le changement climatique

Des anthropologues, géographes et spécialistes des sciences de la Terre se tournent vers le passé pour voir comment différents peuples se sont adaptés au réchauffement de la planète.
Tout au long de l'histoire, des peuples de cultures et de stades d'évolution différents ont trouvé des moyens de s'adapter, avec plus ou moins de succès, au réchauffement progressif de l'environnement dans lequel ils vivaient. Mais le passé peut-il éclairer l'avenir maintenant que le changement climatique est plus rapide que jamais?
Oui, répond une équipe d'anthropologues, de géographes et de spécialistes des sciences de la Terre du Canada, des États-Unis et de France dirigée par Ariane Burke, anthropologue de l'Université de Montréal, qui est à la tête du Groupe de recherche sur la dispersion des homininés et du Laboratoire d'écomorphologie et de paléoanthropologie.
Dans un article publié aujourd'hui (mardi 20 juillet, ndlr), dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, la professeure Burke et ses collègues font le point sur une discipline nouvelle et en pleine évolution appelée «archéologie du changement climatique».
Il s'agit d'une science interdisciplinaire qui utilise des données provenant de fouilles archéologiques et des archives paléoclimatiques pour étudier la manière dont les humains ont interagi avec leur environnement lors d'évènements climatiques passés, tels que le réchauffement qui a suivi la dernière période glaciaire, il y a plus de 10 000 ans.
Les scientifiques espèrent mettre le doigt sur les points de basculement dans l'histoire du climat qui ont incité les populations à réorganiser leurs sociétés pour survivre, montrant ainsi que la diversité culturelle, source de résilience humaine dans le passé, est tout aussi importante de nos jours comme rempart contre le réchauffement climatique.
Nous avons demandé à la professeure Burke de nous parler de son article, rédigé en collaboration avec l'anthropologue Julien Riel-Salvatore de l'UdeM et des collègues de l'Université Bishop's (Sherbrooke), de l'Université du Québec à Montréal, de l'Université du Colorado (Colorado Springs) et du Centre national de la recherche scientifique (Paris).

Qu'est-ce que l'archéologie nous apprend sur la façon dont les peuples du passé ont fait face au réchauffement de leur environnement et en quoi cela est-il encore pertinent?
L'archéologie du changement climatique combine l'étude des conditions environnementales et des informations archéologiques, ce qui nous permet d'établir l'éventail des défis auxquels les populations du passé ont été confrontées, les différentes stratégies qu'elles ont utilisées pour relever ces défis et, en fin de compte, leur réussite ou leur échec. L'une des choses que nous apprenons est l'importance de la diversité culturelle – tant dans le passé que dans le présent – pour la survie à long terme de notre espèce.

Pourriez-vous donner un exemple de la manière dont cela fonctionne?
L'une des choses que les archives archéologiques nous montrent, c'est qu'il existe souvent plus d'une solution aux problèmes posés par le changement climatique. C'est la variété des stratégies qui ont fonctionné dans le passé qui est intéressante, car elle nous fournit une palette de solutions possibles aux problèmes auxquels nous sommes actuellement confrontés. Les modélisateurs du climat se servent également du passé comme d’un «terrain d'essai» où ils peuvent s'essayer à la modélisation de systèmes climatiques très différents de ceux d'aujourd'hui, comme le réchauffement rapide qui s'est produit, il y a de cela 14 700 à 12 700 ans. Cela les aide à modéliser les résultats possibles du changement climatique à l'avenir.

Dans votre article, vous défendez l'importance du respect et de la promotion de la «diversité culturelle» dans le monde en affirmant qu'il s'agit d'une source précieuse de résilience et d'adaptation au climat. Que voulez-vous dire?
Nous avons tendance à oublier que le réchauffement climatique n'affectera pas seulement les…
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