Covid et illusion fiscale : du fond du cœur-vide

Covid et illusion fiscale : du fond du cœur-vide

Après la publication du rapport de la cour des comptes sur la gestion des 1000 milliards du fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (FORCE COVID-19), on a entendu des paroles du genre : ceux qui ont fait ça n’ont pas de cœur.

Ce rapport remet au goût du jour la question de la transparence dans la gestion des deniers publics.

 

C’est le prétexte pour parler du concept d’illusion fiscale. En économie, l’illusion fiscale renvoie à l’incapacité, pour le contribuable, à évaluer et à comprendre le coût exact des programmes publics. Les citoyens sous-estiment les montants mobilisés (parce que tout n’arrive pas à destination) et sont contents chaque fois que l’Etat annonce une augmentation des dépenses publiques.

 

Ainsi ils ont tendance à oublier que ce sont les impôts qu’ils payent eux-mêmes qui alimentent ce budget qui n’est pas utilisé de manière transparente. L’État entretient sciemment cette situation et utilise l’ignorance des populations en matière budgétaire pour les empêcher de remettre en cause la pertinence des impôts qui sont prélevés sur eux et l’usage qui en est fait.

 

Lorsqu’ il y a illusion fiscale, il n’est pas rare de noter des augmentations régulières de budget sans voir les résultats correspondants.

 

J’espère que les autorités compétentes se feront le devoir d’apporter toute la lumière sur cette affaire pour ne pas entacher notre crédibilité budgétaire dont la perte peut entraîner un renchérissement du coût de nos emprunts sur les marchés. À part la perte de confiance des partenaires, il y a surtout la perte de confiance des citoyens sénégalais à éviter.

 

La confiance est un lubrifiant des relations sociales et c’est une institution invisible qui régit le développement économique, dixit Kenneth Arrow, Prix Nobel d’économie 1972.

 

Pr. Abou KANE

FASEG/UCAD