Charles Fall, Dg de la SONES : « Le dessalement pourrait être considérer comme une réserve stratégique »

Charles Fall, Dg de la SONES : « Le dessalement pourrait être considérer comme une réserve stratégique »

Alors que l’on s’achemine vers la réception de l’usine KM3, l’Etat lance un autre projet majeur. Le dessalement de l’eau de mer pour satisfaire la demande en eau potable d’une bonne partie de l’agglomération dakaroise. Au sortir de la cérémonie de lancement des travaux de pose de la conduite principale de 700 mm de diamètre, le Dg de la Sones, bras technique de l’Etat dans ce secteur, revient sur le projet et les enjeux de l’heure. Entretien.


Quelle appréciation faites de la cérémonie de lancement des travaux de la conduite principale, jeudi 17 septembre ?
Le président Macky Sall, lors de la présentation des conclusions du schéma directeur, nous a instruit à aller vers des solutions structurantes pour apporter une solution viable à la problématique de l’alimentation en eau de Dakar. C’est ainsi, hormis les programmes d’urgence qui ont permis à Dakar de renforcer substantiellement sa capacité de production de 42 %, il y a le projet KM3 que vous connaissez très bien. A coté de KMS 3, il y a un projet que nous appelons le dessalement de l’eau de mer qui est un projet inédit, mais aussi qui est un des premiers projets de cette nature au Sénégal et on peut dire sans risque de se tromper, en Afrique de l’Ouest.

Pourquoi avoir opté pour le dessalement ?
Parce que le dessalement est avant tout une source de diversification. Comme vous l’avez constaté, c’est à côté des Mamelles, le Monument de la renaissance où se situe l’essentiel de nos réservoirs au sol. Sous cet angle, le dessalement pourrait être considérer comme une réserve stratégique, quasiment comme un réservoir. Il va permettre de renforcer, de sécuriser quasiment les quartiers les plus difficiles qui, jadis, avec le Lac de Guiers, connaissaient des difficultés dans leur alimentation. Ce sont, entre autres, les Parcelles assainies, la Patte d’Oie, Yoff, les Mamelles aussi et une partie de Ouakam.
C’est un projet d’un coût aussi important que KMS 3, avec 137 milliards de FCFA pour financer plusieurs composantes parmi lesquelles, la partie usine et le renouvellement de 316 kilomètres de canalisation, de réseau de distribution. Pourquoi renouveler tout ce réseau à Dakar centre ? C’est parce que ce sont des canalisations qui datent de l’époque coloniale, donc avec un taux de perte d’eau assez important de l’ordre de 27 à 28%, contre une norme qu’on trouve en région qui tourne autour de 20%. En changeant ces 316 kilomètres de réseau, c’est une économie d’eau de l’ordre de 7% d’eau qui est réalisée.

Quelles sont les autres composantes du projet ?
Ce projet, c’est aussi la télégestion intelligente, la modernisation du pilotage du réseau. Mais, il y a une composante essentielle : la conduite principale dont les travaux viennent d’être lancés. C’est une conduite de gros diamètre de 700 mm qui va remplacer une qui existait déjà, avec un diamètre beaucoup moins important et qui alimentait  ces localités que nous venons de citer. Les autres composantes sont en cours de passation des marchés.
Le gouvernement du Japon a participé à hauteur de combien dans le financement ?
Globalement, le financement japonais s’élève à 137 milliards de FCFA.

Peut-on espérer qu’avec ce projet, le problème de l’eau sera bientôt derrière nous ?
L’ambition, c’est d’aller vers l’accès universel. Avec KM3 et le dessalement, on peut attester sans risque de se tromper que le problème sera résolu pour longtemps. Mais, je dois souligner que l’apport de réponses structurelles doit être dynamique. Après KMS et le dessalement, on va passer aussi à d’autres projets structurants parce que la population croît de façon continue. Dakar, c’est près de  millions d’habitants, avec une densité au kilomètre carré très élevé, ce sont des immeubles avec un mode d’alimentation assez complexe, donc il faut une bonne pression pour une meilleure qualité de service.