Portrait : Claudia Sheinbaum, ancienne scientifique du GIEC, et première femme présidente du Mexique

Avec Novethic.

Ancienne scientifique du GIEC, experte des sujets climatiques, Claudia Sheinbaum vient d’être largement élue présidente du Mexique. Et si elle était l’incarnation d’une gauche mexicaine nouvelle, préoccupée par les questions sociales et environnementales ?

L’événement est historique. Le Mexique vient d’élire à sa présidence Claudia Sheinbaum, scientifique, ancienne autrice du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) et surtout première femme présidente du pays. Claudia Sheinbaum a remporté l’élection en devançant de près de 30% sa principale rivale, et devrait prendre ses fonctions le 1er octobre prochain, une fois les résultats validés par la Cour électorale mexicaine.

L’ancienne maire de Mexico, qui a mis au cœur de son programme la lutte contre la pauvreté, les politiques sociales et éducatives, mais également l’écologie, le genre, la diversité sexuelle et le respect des droits humains, incarne ainsi une gauche nouvelle dans un pays encore marqué par les problèmes sociaux et environnementaux.

Une scientifique engagée à la tête du Mexique

Scientifique engagée, experte et élue locale, Claudia Sheinbaum a notamment été membre du GIEC à partir de 2007 et a participé à la rédaction du quatrième rapport de l’organisation, notamment sur les questions énergétiques et sur l’atténuation de la crise climatique. En tant que secrétaire de l’Environnement à la mairie de Mexico au début des années 2000 dans l’équipe du président sortant Andrés Manuel López Obrador, puis en tant que maire de la capitale du pays, elle contribue à développer une politique environnementale municipale relativement ambitieuse : développement des transports publics électriques, promotion du vélo avec la construction de plus de 200 kilomètres de pistes cyclables… Elle met également en place un certain nombre de mesures sociales, notamment en matière de lutte contre les violences sexistes, ou en facilitant l’accès des plus précaires au système éducatif.

C’est cette politique qu’elle devrait aujourd’hui continuer de pousser en tant que cheffe de l’exécutif mexicain. La présidente élue propose notamment d’accentuer les hausses du salaire minimum, avec des hausses pouvant aller jusqu’à 11% par an dans les prochaines années, alors qu’au Mexique, près de 36% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. En matière éducative, Claudia Sheinbaum voudrait continuer à développer l’accès à l’éducation, notamment en proposant des bourses pour aider les plus précaires à accéder à la scolarité et aux études supérieures. Attendue sur les questions liées à l’égalité de genre, la nouvelle présidente a également promis d’œuvrer pour la sécurité des femmes en renforçant les budgets liés à la lutte contre les féminicides, ou par des programmes d’accompagnement des femmes.

La question environnementale au cœur de la politique de Claudia Sheinbaum ?

Bien que la candidate Sheinbaum n’ait pas vraiment mis les questions environnementales et climatiques au cœur de ses thèmes de campagne, ce sont également des enjeux qui devraient rapidement s’inviter dans l’agenda politique de la nouvelle présidente. Le Mexique et notamment sa capitale, sont en effet confrontés à une sécheresse sans précédent depuis plusieurs années et pourraient faire face à une pénurie d’eau historique cet été. Face à cette crise, Claudia Sheinbaum, a fait de la question de l’eau un enjeu fort de son programme, en proposant un plan national qui devrait permettre de moderniser les infrastructures de gestion de l’eau du pays et faire des économies. En matière énergétique, la position de Claudia Sheinbaum est encore assez ambiguë, malgré son expertise sur les sujets climatiques. Elle a ainsi annoncé des investissements de plus de 13 milliards de dollars dans le développement des énergies renouvelables. Tout en promettant de poursuivre l’héritage d’Andrés Manuel López Obrador, qui a largement poussé le développement des énergies fossiles dans le pays depuis 2018.

La nouvelle cheffe de l’Etat mexicain devra également se confronter à la crise de sécurité majeure que vit le Mexique, pays marqué par le narcotrafic et la violence. Avec près de 30 000 victimes d’homicides recensées dans le pays en 2023, la question des moyens alloués à la lutte contre la délinquance, la violence armée et le trafic de drogue reste un sujet majeur.

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