La Banque Agricole (LBA) a obtenu l’approbation de sa première proposition de financement (FP262) intitulée « Green Climate Finance Facility for Fostering Climate-smart agriculture in Senegal » visant à mettre en place une ligne de facilité verte dédiée au financement de pratiques agricoles climato intelligente au Sénégal. Ce projet constitue une contribution significative aux efforts nationaux pour atteindre les objectifs climatiques et de développement durable.
La Facilité de Financement Vert proposée par LBA vise à combler le déficit en financements climatiques pour l’agriculture climato-intelligente au Sénégal, à travers les quatre composantes que sont : La mise en place d’une ligne de crédit dédiée aux investissements dans l’agriculture climato intelligente (AIC), opérée par La Banque Agricole (LBA) et Baobab Microfinance en tant qu’entité d’exécution ; le développement d’une plateforme de prêts numériques, pour faciliter l’accès des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) agricoles aux financements concessionnels ; l’assistance technique aux agriculteurs et aux MPME, pour l’adoption de pratiques agricoles durables, la réduction des émissions et l’adaptation aux effets du changement climatique ; et enfin, l’élaboration d’un cadre de gestion des connaissances, afin de documenter les réussites, capitaliser les bonnes pratiques et favoriser un environnement propice à une agriculture durable et inclusive.
Ce projet d’un montant total de 56,7 millions de dollars US est cofinancé, par le Fonds vert climat (GCF en anglais), LBA et l’Agence française de développement (AFD), avec respectivement pour GCF, 2
1,8 millions USD sous forme de prêt et 5,5 millions USD en don et pour LBA et l’AFD, 29,2 millions de USD, détaille Sandra Freitas, experte internationale sur les questions de financement climat.Afin de partager les résultats attendus du projet et ses mécanismes opérationnels de financement avec les parties prenantes nationales, acteurs public et privés impliqués dans la promotion de solutions et technologies en faveur d’une agriculture résiliente au climat, La Banque Agricole a organisé, jeudi 10 juillet, l’atelier de lancement dans un hôtel de la place, à Dakar.

Sous la présidence du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, Dr Mabouba Diagne et du Pr Daouda Ngom, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique qui s’était fait représenter, cette rencontre qui a bénéficié du soutien technique du Global Green Growth Institute (GGGI) et l’appui financier de African Climate Fondation (ACF), partenaires de LBA dans la mobilisation des ressources et le développement de projets verts et climat avec le secteur privé, a permis aux différents acteurs, non seulement de passer en revue la proposition de financement FP262, mais de s’accorder sur les perspectives qui s’offrent à ce projet.
Le FP262 : un accouchement difficile
A en croire le Dr Mabouba Diagne l’accréditation de LBA qui n’a pas été un chemin facile a pour finalité l’intégration du climat dans les activités de souveraineté alimentaire. Ainsi, La Banque Agricole, première institution dédiée au financement de l’économie agricole au Sénégal, accorde désormais une attention prioritaire aux enjeux climatiques, qu’elle place au cœur de sa mission. Engagée dans une dynamique de gouvernance durable et de renforcement de la résilience du secteur agricole, LBA déploie une stratégie climat ambitieuse, articulée autour du verdissement de son portefeuille et du développement de partenariats en faveur de la finance durable.
Pour Fatma Fall Dièye, DG de LBA, cette proposition de financement FP262 est le fruit d’un long parcours très difficile qui a nécessité un accompagnement de plusieurs acteurs. Abondant dans le même sens que le Représentant pays de GGGI, Mamadou Konaté qui a évoqué le terme baptême à la suite d’un accouchement difficile, Mme Dièye considère qu’il y a « une belle perspective pour le bébé qui fait qu’ils ont l’obligation de travailler vers l’adaptation et l’atténuation parce que les changements climatiques impactent le portefeuille de la banque ».
Le défi des pratiques agricoles climato-intelligentes (AIC)
Au Sénégal, explique le ministre, l’agriculture constitue un pilier fondamental de l’économie nationale. Elle emploie une large part de la population active et contribue significativement au produit intérieur brut (PIB). Toutefois, ce secteur stratégique est confronté à de nombreux défis liés au changement climatique : sécheresse, inondations récurrentes et fluctuations des températures qui compromettent la productivité des exploitants et la stabilité des revenus agricoles. Ces aléas posent des défis majeurs à la durabilité du secteur.
« Face à cette vulnérabilité croissante, les pratiques agricoles climato-intelligentes (AIC) s’imposent comme une solution incontournable parce que visant à renforcer la résilience des exploitations, tout en soutenant la sécurité alimentaire et la réduction des émissions », note le Dr Diagne. Avant de préciser que ces pratiques comprennent, entre autres, l’utilisation de semences tolérantes à la sécheresse, l’adoption de systèmes d’irrigation intelligents, la gestion durable des terres, la fertilisation améliorée, le développement de races animales adaptées, ainsi que la diversification des cultures pour mieux anticiper les aléas climatiques.
Les différents acteurs présents lors de ce workshop sont unanimes sur le fait que, malgré son poids économique et social, le secteur agricole fait face à un accès limité à un financement durable, ce qui freine les investissements dans des solutions résilientes et sobres en carbone. Ce déficit est aggravé par la rareté des financements concessionnels, la faible mobilisation des ressources publiques pour le développement agricole et l’accès difficile au crédit abordable, notamment pour les petits exploitants et les MPME rurales.
Dans ce contexte, explique Mme Dièye, la mobilisation de financements climatiques innovants et complémentaires devient essentielle pour transformer les systèmes de production agricole, notamment ceux des petits exploitants, et encourager des investissements verts compatibles avec les objectifs climatiques.
Forte de son positionnement et de sa mission, LBA s’est engagée dans une dynamique de transformation du financement agricole à travers l’accès aux ressources climat. Ainsi, accréditée en tant que deuxième entité nationale après le Centre de suivi écologique (CSE) auprès du Fonds vert pour le climat (FVC) pour un accès direct et du Fonds d’Adaptation, LBA, en partenariat avec l’institution de microfinance Baobab Sénégal, pour l’accès indirect, déploie une stratégie ambitieuse fondée sur la mobilisation de ressources concessionnelles et la mise en place d’offres de financement adaptées aux besoins des acteurs des chaînes de valeur agricoles.
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