Conférence ‘’Our Ocean’’ à Mombasa : L’Afrique de l’Ouest se mobilise pour la protection des océans

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Deux mois après la Déclaration de Nouakchott, les pays de l’Afrique de l’Ouest ont réaffirmé, à Mombasa, au Kenya, à l’occasion de la

11ème édition de la Conférence ‘’Our Ocean’’, leurs engagements pour la mise en œuvre de l’Accord BBNJ, l’atteinte de l’objectif mondial 30×30 et une gouvernance renforcée de leurs pêcheries.     

Les rideaux sont tombés sur la 11eme édition de la Conférence ‘’Our Ocean Conference’’. Au-delà de la forte participation de l’Afrique de l’Ouest à cet évènement mondial, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau et le Sénégal ont réaffirmé, lors d’un side event organisé par le PRCM, leurs engagements pour la conservation de leurs écosystèmes marins au profit des habitats et des populations qui en dépendent.

La Guinée Bissau est déterminée à atteindre l’objectif 30X30 avant la fin de cette décennie

Elève modèle en matière de conservation de la biodiversité côtière et marine en Afrique de l’Ouest, avec actuellement plus de 26,3 % du territoire national intégré au Système National des Aires Protégées, dont environ 10 % du territoire national sous protection marine, la Guinée-Bissau compte bien garder son statut. Par la voix de son ministre de l’Environnement et de l’Action climatique M. Carlos Henrique De Jesus Pinto Pereira le pays a réaffirmé ses ambitions pour se ‘’rapprocher considérablement de l’objectif mondial 30×30’’. « La Guinée-Bissau est déterminée à atteindre l’objectif 30×30 avant la fin de cette décennie. À cette fin, nous avançons dans la création de notre deuxième Réserve de Biosphère de l’UNESCO, couvrant Jeta, Pecixe et Cacheu, dans le nord du pays », a-t-il précisé.

A cette initiative s’ajoute le processus de création d’une nouvelle unité de gestion et de conservation dans le complexe d’Unhocomo et Unhocomozinho, une zone d’une grande importance écologique, économique et sociale. A travers cette action, la Guinée-Bissau poursuit une double ambition : protéger les espèces menacées et les habitats critiques, tout en garantissant la préservation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs vivant dans cette région.

Le Sénégal compte doubler la superficie de ses aires marines protégées

Alors que le processus de ratification de l’Accord BBNJ est dans sa phase finale, le Sénégal affiche ses ambitions quant à l’objectif mondial 30X30 : Doubler la couverture des aires marines protégées dans sa Zone économique exclusive (ZEE). « Notre réseau actuel de 17 aires marines protégées couvre 5 % de notre ZEE nationale. Grâce à ce nouvel engagement, au moins 10 % de la ZEE bénéficiera d’une protection élevée et totale d’ici à 2030 », a indiqué M. Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique du Sénégal qui participait à un évènement parallèle organisé par le PRCM, en marge de la conférence ‘’Our Ocean’’.  

Pour arriver à cet ambitieux objectif, le pays compte d’abord poser des bases claires à travers la mise à jour de sa Stratégie Nationale pour les aires marines protégées « dont l’objectif principal sera de conserver la biodiversité marine, les frayères et favoriser le repeuplement halieutique, tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales », conclut M. Diouf.

La côte d’ivoire planifie de protéger 20% de sa Zone économique exclusive (ZEE) d’ici à 2030

Ayant récemment intégré les pays couverts par le PRCM, la Côte d’Ivoire ne compte pas rester les bras croisés face au nouvel ordre environnemental. « Dans le cadre de la mise en œuvre de l’objectif 30X30 le pays a conduit, en 2026, une étude de planification spatiale marine, avec l’appui de Oceans 5, à l’effet de planifier de nouvelles AMP, prenant en compte les données scientifiques, sociales et économiques », a annoncé M. Kouadio Kouakou Parfait, le Directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de la République de Côte d’Ivoire.

Aux termes de ce processus, six sites ont été identifiés pour la création de nouvelles AMP. Ceci contribuera à la mise en place d’un réseau national, d’ici à 2030, de sept AMP, couvrant une superficie marine de 34 000 km2, passant ainsi, de 2% à 20% de la zone économique exclusive, sous protection. Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord BBNJ, la Côte d’Ivoire voudrait, dans une synergie d’action avec les pays de l’Afrique de l’Ouest, contribuer à la création d’AMP en haute mer.

Renforcer la gouvernance des pêcheries en Guinée-Bissau

Il n’y a pas de doute : les nouveaux engagements environnementaux pris par les pays de la région ouest-africaine devront être étroitement analysés avec le secteur de la pêche qui garantit la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance pour des millions de personnes. Comme l’a si bien rappelé Mme Virginia Maria Da Cruz Godihno Pires Correia, ministre de la Pêche et de l’Economie maritime de la République de Guinée-Bissau. « Le défi auquel nous sommes confrontés ne consiste pas seulement à protéger 30 % de nos espaces marins d’ici à 2030. Le véritable défi est de garantir que l’ensemble de nos ressources marines soient gérées de manière durable, équitable et fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles. La réalisation de l’Objectif 30×30 exige un véritable changement de paradigme dans la gouvernance des pêches », a-t-elle précisé.   

Pour garantir cela, la Guinée-Bissau a entrepris des réformes majeures dans ses secteurs de la pêche et maritime. Parmi ces dernières figurent : la cogestion participative instaurée dans les estuaires ; la validation du Plan de gestion des pêcheries de sardinelles et d’ethmaloses ; le renforcement de la législation relative à la pollution marine et qui cible les navires, y compris de pêche, pollueurs. Enfin, le pays vient d’interdire, à travers un Arrêté ministériel, la production de farine et d’huile de poisson à partir des petits pélagiques sur l’ensemble du territoire national, ce qui constitue à la fois une mesure de gestion des pêches et un acte de conservation écologique.

Appel à une coopération régionale et internationale

La protection des océans ainsi que le renforcement de la gouvernance des pêcheries en Afrique de l’Ouest exigent une vision commune. Le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Côte d’Ivoire en sont conscients et appellent à une union des forces et une vision partagée avec tous les pays de la région, le PRCM et les partenaires techniques et financiers internationaux, afin de construire un leadership ouest-africain fort dans la réalisation de l’objectif 30×30 et la promotion d’une économie bleue durable, inclusive et résiliente.

A.D, PRCM

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