Du 9 au 20 novembre 2026, les pays du monde entier se réunissent à Antalya, en Turquie, pour la 3 1e Conférence des parties (COP31). Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et l’accélération du réchauffement climatique, cette nouvelle édition doit permettre de faire avancer la mise en œuvre des engagements internationaux en faveur du climat.
Qu’est-ce que la COP31 ?
La 31e session de la Conférence des parties (COP) s’inscrit dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). Ce texte a été adopté à l’occasion du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, afin de lutter contre le changement climatique au niveau mondial. Il s’applique depuis 1994.
Lors des COP, les pays négocient des accords internationaux et veillent au respect des engagements pris par les États en matière de climat. Ces rendez-vous annuels permettent d’évaluer les mesures mises en place et les progrès accomplis par les parties.
Ils s’inscrivent notamment dans la continuité de l’Accord de Paris, adopté lors de la COP21 en 2015, qui prévoit de contenir la hausse de la température mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour la limiter à 1,5 °C.
Quand et où se déroule la COP31 ?
La COP31 se tient du 9 au 20 novembre à Antalya, une ville touristique située sur la côte méditerranéenne de la Turquie. Les discussions auront lieu à l’Antalya Expo Center, tandis qu’un sommet réunissant les chefs d’État et de gouvernement est prévu les 11 et 12 novembre. La première COP s’est déroulée en 1995 à Berlin, en Allemagne. L’année dernière, la COP30 s’est tenue à Belém, au Brésil.
Le choix de la Turquie résulte d’un compromis diplomatique conclu lors de cette précédente conférence. Alors qu’Ankara et Canberra souhaitaient toutes deux accueillir la COP31, les deux pays ont finalement accepté de se partager les responsabilités.
La Turquie accueille et préside l’événement, sous la direction de son ministre de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique, Murat Kurum. L’Australie, représentée par son ministre du Changement climatique et de l’Énergie, Chris Bowen, est quant à elle chargée de présider les négociations entre les États.
Qui participe à la COP31 ?
La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques réunit 198 parties : 197 États et l’Union européenne, également signataire en son nom propre. Des délégations gouvernementales, des négociateurs et des représentants d’organisations internationales sont ainsi attendus à Antalya, aux côtés de nombreux acteurs de la société civile.
Plusieurs chefs d’État et de gouvernement doivent participer au sommet des dirigeants des 11 et 12 novembre. Le président français Emmanuel Macron ne devrait toutefois pas être présent pour la dernière COP de son quinquennat. La France sera néanmoins représentée lors des négociations, auxquelles doit notamment prendre part la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Pour la deuxième année consécutive, les États-Unis ne participeront pas aux négociations officielles, en raison du trait de l’Accord de Paris décidé par Donald Trump lors de son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025. Une délégation de 19 membres du Congrès américain est cependant attendue à Antalya. Annoncée au lendemain des élections de mi-mandat remportées par les démocrates, cette visite entend maintenir un dialogue avec les partenaires internationaux sur les questions climatiques. Cette initiative ne constitue toutefois pas un retour des États-Unis dans les négociations officielles.
L’Union européenne sera également représentée par plusieurs de ses institutions. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, participera aux travaux, tandis que la Commission européenne et la présidence irlandaise du Conseil de l’UE représenteront l’Union dans les négociations, aux côtés des États membres. Durant, ces quelques jours, la Commission européenne organise plus d’une vingtaine de tables rondes et ateliers. La cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, présente l’an dernier, devrait elle aussi faire le déplacement cette année.
Des représentants du Parlement européen, de la Banque européenne d’investissement (BEI) et d’autres organismes de l’Union sont également susceptibles de participer à la conférence.
Comme chaque année, la COP rassemble aussi des ONG environnementales, des scientifiques, des associations, des entreprises, des collectivités locales et des organisations de jeunesse. Autant d’acteurs qui tentent de peser sur les discussions et de faire connaître les conséquences du changement climatique sur les populations.
Quels sont les enjeux de la COP31 ?
La COP31 s’ouvre dans un contexte climatique préoccupant. Malgré les engagements internationaux pris depuis l’adoption de l’Accord de Paris, les émissions mondiales de gaz à effet de serre restent trop élevées pour respecter les objectifs de limitation du réchauffement.
Dans son rapport annuel publié en octobre 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) souligne l’ampleur des efforts encore nécessaires. Pour suivre une trajectoire permettant de ramener le réchauffement à 1,5 °C d’ici la fin du siècle après un dépassement temporaire, les émissions mondiales devraient diminuer de 45 % d’ici 2035 par rapport à leur niveau de 2025. Or en supposant une pleine mise en œuvre des engagements climatiques actuellement déposés par les États, la baisse ne serait que de 11 à 15 % à cette échéance.
L’un des principaux enjeux de la conférence d’Antalya sera déjà de transformer ces engagements en mesures concrètes. Les États doivent notamment poursuivre la mise en œuvre de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN).
Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) sont des plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre élaborés par chaque pays dans le cadre de l’Accord de Paris. Ces contributions doivent être mises à jour tous les cinq ans, avec une ambition croissante. Il y a déjà eu deux séries de CDN, en 2015 puis en 2020-2021.
Une nouvelle génération de CDN a été déposée à partir de 2025, avec des objectifs allant généralement jusqu’en 2035. Au 31 août 2026, 127 nouvelles contributions représentant 154 parties avaient été enregistrées par les Nations unies.
L’électrification, priorité de la présidence turque
Dans cette perspective, la présidence turque de la COP31 a fait de l’électrification sa principale priorité. Elle souhaite porter à 35 % la part de l’électricité dans la consommation finale mondiale d’énergie d’ici 2035, contre un peu plus de 20 % actuellement. Baptisée « 35 by 35 », cette initiative vise notamment à accélérer l’électrification des transports, des bâtiments et de l’industrie, en parallèle du développement des énergies propres.
Pour atteindre cet objectif, la Turquie entend encourager le développement des réseaux électriques, des capacités de stockage et des investissements dans les énergies propres. Elle souhaite également faciliter l’accès à l’électricité dans les pays en développement. Selon les estimations mises en avant par la présidence de la COP31, environ 730 millions de personnes dans le monde n’y ont toujours pas accès.
La réduction des déchets et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments figurent parmi les autres priorités de cette édition. La Turquie propose ainsi de réduire de moitié la croissance de la production mondiale de déchets d’ici 2035, tout en renforçant la lutte contre les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre. Elle ambitionne également de diminuer d’au moins 25 % l’intensité de la consommation énergétique dans le secteur du bâtiment à la même échéance.
Ces trois objectifs, présentés en juin 2026, s’inscrivent dans un programme d’action plus large qui comprend notamment la sécurité alimentaire, la transformation de l’industrie, la résilience des villes et l’éducation au changement climatique. Ils reposent toutefois sur des initiatives volontaires et ne constituent pas des obligations imposées aux États.
La COP31 devra également tenter de relancer des négociations internationales dont les résultats se sont révélés en deçà des ambitions affichées ces dernières années. Après un accord sur le financement climatique jugé insuffisant par plusieurs pays en développement lors de la COP29 à Bakou, la COP30 de Belém n’est pas parvenue à faire adopter dans son accord final une feuille de route commune sur la sortie des énergies fossiles, malgré certaines avancées sur l’adaptation au changement climatique. Dans ce contexte, la conférence d’Antalya devra chercher à surmonter les désaccords persistants entre les États, tout en accélérant la mise en œuvre des engagements déjà pris.
Où se sont déroulées les COP depuis la première en 1995 ?
| Édition | Année | Ville (pays) |
| COP1 | 1995 | Berlin (Allemagne 🇩🇪) |
| COP2 | 1996 | Genève (Suisse 🇨🇭) |
| COP3 | 1997 | Kyoto (Japon 🇯🇵) |
| COP4 | 1998 | Buenos Aires (Argentine 🇦🇷) |
| COP5 | 1999 | Bonn (Allemagne 🇩🇪) |
| COP6 | 2000 | La Haye (Pays-Bas 🇳🇱) |
| COP6-bis* | 2001 | Bonn (Allemagne 🇩🇪) |
| COP7 | 2001 | Marrakech (Maroc 🇲🇦) |
| COP8 | 2002 | New Delhi (Inde 🇮🇳) |
| COP9 | 2003 | Milan (Italie 🇮🇹) |
| COP10 | 2004 | Buenos Aires (Argentine 🇦🇷) |
| COP11 | 2005 | Montréal (Canada 🇨🇦) |
| COP12 | 2006 | Nairobi (Kenya 🇰🇪) |
| COP13 | 2007 | Bali (Indonésie 🇮🇩) |
| COP14 | 2008 | Poznań (Pologne 🇵🇱) |
| COP15 | 2009 | Copenhague (Danemark 🇩🇰) |
| COP16 | 2010 | Cancún (Mexique 🇲🇽) |
| COP17 | 2011 | Durban (Afrique du Sud 🇿🇦) |
| COP18 | 2012 | Doha (Qatar 🇶🇦) |
| COP19 | 2013 | Varsovie (Pologne 🇵🇱) |
| COP20 | 2014 | Lima (Pérou 🇵🇪) |
| COP21 | 2015 | Paris (France 🇫🇷) |
| COP22 | 2016 | Marrakech (Maroc 🇲🇦) |
| COP23** | 2017 | Bonn (Allemagne 🇩🇪) |
| COP24 | 2018 | Katowice (Pologne 🇵🇱) |
| COP25*** | 2019 | Madrid (Espagne 🇪🇸) |
| COP26 | 2021 | Glasgow (Royaume-Uni 🇬🇧) |
| COP27 | 2022 | Charm el-Cheikh (Égypte 🇪🇬) |
| COP28 | 2023 | Dubaï (Émirats arabes unis 🇦🇪) |
| COP29 | 2024 | Bakou (Azerbaïdjan 🇦🇿) |
| COP30 | 2025 | Belém (Brésil 🇧🇷) |
| COP31 | 2026 | Antalya (Turquie 🇹🇷) |
Source : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques
* Reprise des négociations suspendues de la COP6.
** La conférence était présidée par les Fidji, mais se déroulait physiquement à Bonn, en Allemagne.
*** Initialement prévue à Santiago, sous présidence chilienne, elle a finalement été organisée à Madrid, en Espagne.
Avec touteleurope.eu
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