Le secteur de la pêche occupe une place stratégique dans l’économie et la sécurité alimentaire du Sénégal. Les produits halieutiques représentent une source majeure de protéines pour les populations et constituent également un levier important de création d’emplois et de revenus pour des centaines de milliers d’acteurs.
Toutefois, la valorisation durable de certaines filières, notamment celle des coquillages, nécessite un renforcement des systèmes de contrôle sanitaire et une meilleure conformité aux exigences sanitaires internationales. C’est précisément l’objectif de ce projet, qui vise à mettre en place un système national de surveillance et de contrôle sanitaire des coquillages, afin de garantir la sécurité des consommateurs et d’améliorer l’accès aux marchés national, régional et international.
Pour le représentant de la Coordinatrice Sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Représentante par intérim de la FAO au Sénégal, il s’agit d’un projet structurant pour la filière conchylicole avec comme ambition de mettre en place un système national de contrôle sanitaire des coquillages conforme aux exigences internationales, afin d’ouvrir durablement l’accès aux marchés nationaux, régionaux et internationaux.
« Au terme de sa mise en œuvre, nous pouvons affirmer que les trois résultats attendus ont été atteints. C’est d’abord 50 sites conchylicoles qui ont été identifiés, cartographiés et caractérisés selon une approche scientifique rigoureuse. Un plan de surveillance initial sur
12 mois a permis de classer ces sites en : zone A où la commercialisation directe est possible (62 %) ; une zone B (36 %) où le produit nécessite une purification et un site non conforme. Ces données constituent une base scientifique inédite pour la gestion durable de la filière ».Toujours en termes de résultats, notre source pointele cadre réglementaire qui a été renforcé avec l’adoption de trois arrêtés complémentaires relatifs au classement des sites, à l’hygiène des établissements et à la qualité du produit. Ce qui l’amène à dire qu’un programme national de surveillance est désormais opérationnel, avec un plan de suivi continu engagé sur huit sites prioritaires.
Le troisième et dernier résultat renvoie aux capacités nationales qui ont été consolidées avec 64 agents de l’inspection et de l’ANA formés, 35 cadres techniques renforcés par des échanges d’expériences internationaux et 233 membres de GIE formés directement, dont une majorité de femmes. Des résultats traduisent un changement structurel dans la gouvernance sanitaire de la filière.

Pour le responsable de la FAO, ce projet a, au-delà des indicateurs techniques, produit des effets concrets. « Les coquillages sénégalais accèdent désormais aux marchés des hôtels, des restaurants et des circuits touristiques, avec des prix pouvant atteindre entre 3 500 et 7 000 FCFA le kilogramme selon les zones. La filière, composée à plus de 90 % de femmes, bénéficie ainsi d’un meilleur positionnement économique, contribuant à l’autonomisation et à la résilience des communautés côtières », explique la source.
La mise en œuvre du projet STDF s’est donc inscrite dans un écosystème dynamique d’interventions complémentaires au profit de la filière conchylicole au Sénégal. En plus de FISH4ACP et de l’ASEPEX, on peut citer : l’OIT (Projet Emplois verts Delta), ENDA Énergies, ICD Afrique, le CEGEP de la Gaspésie (coopération canadienne), CETECIMA et SANIFISH (coopération espagnole), ainsi que COAPA et ADEPA au profit des GIE féminins.
Des synergies qui renforcent la durabilité des acquis du projet et favorisent la mise à l’échelle des bonnes pratiques sanitaires et productives dans la filière.
La Présidente de l’Association Nationale des Acteurs de la Filière Aquacole du Sénégal (A.N.A.F.A.S), Khadidiatou Sar Seck, s’inscrit dans le même sillage. “Au-delà des résultats techniques, le programme STDF–MPEM a surtout permis de renforcer le dialogue entre les administrations, les organisations professionnelles et les partenaires techniques et financiers. Cette dynamique collaborative est un acquis précieux qu’il nous appartient de préserver et de renforcer », déclare-t-elle.

Pour le DG de l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), Dr Samba Ka, venu représenter le ministre des Pêches lors de la cérémonie d’ouverture, « cet atelier marque une étape importante qui est à la fois un moment de restitution, d’évaluation et surtout de projection. Le projet que nous clôturons aujourd’hui, a permis de poser des bases solides pour une filière coquillage plus structurée, plus compétitive et davantage alignée sur les exigences sanitaires et phytosanitaires internationales ». Et le représentant du ministre d’insister sur le fait que « ce projet permet également de compléter un autre projet FIS4ACP qui a procédé à l‘évaluation des biomasses, à l’identification des sites propices au grossissement, au captage des coquillages, des huîtres particulièrement ». Résultat des courses, Dr Ka est de ceux qui pensent que ces deux projets vont, en synergie, « permettre de créer une filière coquillage plus forte, plus compétitive pour de meilleures opportunités pour les communautés qui exploitent ces coquillages et donc, par voie de conséquences, pour le développement économique du Sénégal ».
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