Les engrais organiques artisanaux, semi-industriels et quelques fois industriels sont souvent considérés comme des engrais de qualité basiques en raison de leur bas prix et de leur dose à l’hectare trop élevée. Cependant, ces engrais pourraient constituer une menace sérieuse et insidieuse pour la productivité agricole, les sols et l’environnement à long terme, en raison de leur contenu potentiel en métaux lourds et en divers contaminants qui s’accumulent dans les sols et les plantes [Smith et al., 20
15 ; Khan et al., 2016].Parmi ces contaminants, on trouve des pathogènes (bactéries, virus, parasites), des résidus de pesticides ou d’herbicides, des micro plastiques, des composés organiques persistants (COP) tels que les Poly Chloro Biphényles (PCB) et les dioxines, ainsi que des éléments traces organiques (ETO) tels que les hormones et les antibiotiques présents dans les fèces animales [Khan et al., 2016]. Certaines de ces substances pourraient avoir des impacts négatifs sur la santé des sols, contaminer les plantes et se propager le long de la chaîne alimentaire [Järup, 2003 ; WHO, 2010].
La présence de ces métaux lourds et de ces contaminants est souvent due à des facteurs tels que des matières premières contaminées, des processus de fabrication inadéquats ou une mauvaise gestion des déchets à transformer [Alloway, 2013]. À cet égard, le Code de l’Environnement du Sénégal, Loi n° 2023-15 du 2 août 2023, fournit un cadre réglementaire pour encourager la valorisation des déchets et soutenir les initiatives de transformation.
Cependant, malgré ce cadre réglementaire, l’utilisation de ces déchets organiques transformés en agriculture soulève encore des questions quant à la réglementation applicable, qui n’est pas clairement définie. En effet, l’absence d’application des normes de qualité NFU entre autres pour les déchets organiques transformés utilisés comme engrais organiques pourrait présenter des menaces potentielles pour les sols, l’environnement et la santé publique en raison de leur qualité encore insuffisante [Singh et al., 2018].
Cette situation met en évidence la nécessité d’encadrer la responsabilité des fabricants par le règlement du Code de l’Environnement, au-delà de la mise sur le marché, afin de garantir la qualité et la sécurité de ces produits, ainsi que leurs impacts sur les sols et les écosystèmes où ils sont utilisés.
De plus, l’utilisation de ces engrais organiques de qualité basique est d’autant plus préoccupante que leur coût inférieur aux prix maximums de marché les rend attractifs pour le MASAE, malgré les risques à long terme pour les sols sénégalais, qui sont déjà fragilisés [Järup, 2003].
Les risques associés à ces engrais organiques sont encore plus importants en raison des effets insidieux à long terme des métaux lourds présents dans certains d’entre eux. Pour inverser la tendance actuelle de dégradation des sols et de pollution environnementale, il est essentiel de promouvoir l’usage d’engrais de qualité supérieure, certifiés et contrôlés, adaptés aux besoins spécifiques des cultures et des sols.
En résumé, les engrais sont essentiels pour l’agriculture, mais il est crucial de choisir les engrais organiques avec prudence, car ils peuvent contenir des métaux lourds et des contaminants qui peuvent entraîner une pollution durable et insidieuse des sols, avec des effets dévastateurs à long terme pour l’environnement et la santé humaine.
La sélection d’engrais organiques de haute qualité, exempts de contaminants et de métaux lourds, est donc impérative pour éviter les risques de pollution et protéger la fertilité des sols et la santé des écosystèmes, ce qui nécessite une gestion appropriée et une surveillance rigoureuse pour assurer une agriculture durable et productive.
(5) Cinquième jet
Magatte NGOM, Ingénieur agronome de classe exceptionnelle
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