Aires marines protégées : l’engagement pris par le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest en perspective d’IMPAC6

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L’année 2026 revêt une importance symbolique considérable pour l’océan : elle marque le point médian entre 2022, année où l’objectif mondial de protéger 30 % des océans de la planète a été adopté, et 2030, date butoir pour la réalisation de cet objectif d’une importance capitale.

À ce moment de l’histoire et dans la perspective d’IMPAC6 prévu en mars 2027 à Dakar, le Sénégal et les pays d’Afrique de l’Ouest se mobilisent et mettent tout en œuvre pour ne pas perdre de temps. Le

17 juin 2026, une série d’événements organisés dans le cadre de la conférence « Our Ocean » à Mombasa, au Kenya, a mis en évidence le besoin urgent de mesures audacieuses de conservation des océans, les gouvernements d’Afrique de l’Ouest s’exprimant d’une seule voix : il n’y a pas de temps à perdre pour protéger nos ressources marines, la survie de nos communautés locales est en jeu.

Des initiatives telles que la désignation d’aires marines protégées en haute mer (AMPHM) sont essentielles pour que la communauté internationale puisse respecter ses engagements, notamment l’objectif de développement durable n° 14 (« ressources marines ») et les objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal visant à protéger 30 % de la planète d’ici 2030.  Bien que les pays de toute la région de l’Afrique de l’Ouest se soient engagés à atteindre ces objectifs, il s’agit d’un défi colossal qui nécessite une collaboration mondiale. 

Les eaux côtières et de haute mer de l’Afrique de l’Ouest subissent une pression énorme due à la pêche illégale, à la surexploitation des ressources marines, à la pollution marine, à l’érosion côtière et à la destruction des habitats sous-marins, ce qui entraîne une réduction de la biodiversité et une diminution des opportunités économiques pour les communautés dépendantes de la pêche.

Au cours des échanges de haut niveau, le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie et la Guinée-Bissau ont annoncé qu’ils s’employaient activement à la désignation d’aires marines protégées transfrontalières au large de leurs côtes afin de préserver les ressources essentielles à la subsistance de leurs communautés. Par ailleurs, le Sénégal, futur hôte du 6e Congrès international sur les zones marines protégées (IMPAC6), s’est engagé à doubler la superficie des aires marines protégées nationales, ce qui garantira la protection d’au moins 10 % de la ZEE sénégalaise d’ici 2030.

Selon Dr Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique « Le Sénégal est déterminé à faire en sorte que le Congrès IMPAC6 de 2027 soit un triomphe pour la protection mondiale des océans. L’IMPAC6 aura pour objectif de consolider l’avenir de notre planète bleue. Nous attendons des engagements significatifs tant de la part des pays que des bailleurs de fonds. Les générations futures seront-elles fières de ce que nous aurons accompli ? J’espère et je suis convaincu qu’elles le seront. ». Il a salué l’engagement des pays d’Afrique de l’Ouest.

Il y a quelques semaines à peine, le gouvernement du Ghana a également annoncé la création de sa toute première aire marine protégée (AMP), couvrant 703 kilomètres carrés dans la région du Grand Cape Three Points, à l’extrémité sud du pays. Au Nigeria, le gouvernement élabore des plans similaires visant à étendre et à renforcer considérablement son réseau d’aires marines protégées, tout en s’attaquant aux problèmes graves liés à la pollution côtière.

Pour la réalisation de l’objectif mondial 30×30, les nations d’Afrique de l’Ouest démontrent ainsi que l’ambition et l’action doivent aller de pair. La communauté internationale doit unir ses forces et faire correspondre ses ambitions pour les océans à des partenariats renforcés, un soutien technique et des investissements accrus dans la conservation des océans.

Cheikh Tidiane FALL (Correspondance particulière depuis Mombasa)

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