« La coopération en matière de climat est essentielle pour parer à la double menace que constituent le réchauffement climatique et la flambée des prix des combustibles fossiles »

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Ce qui suit est la transcription du discours prononcé par Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, lors de l’ouverture du Dialogue de Petersberg sur le climat, le mardi 2

1 avril 2026 à Berlin, en Allemagne.

Honorables Ministres, distingués délégués, chers amis,

Nous vivons une période périlleuse.

Nous espérons une paix rapide et durable au Moyen-Orient, ainsi que dans tous les conflits.

Mais cette dernière guerre a aggravé la hausse des coûts des combustibles fossiles pour les mois, voire les années à venir, portant un coup dur à toutes les nations et à des milliards de foyers.

La stagflation alimentée par les combustibles fossiles menace désormais les économies : elle fait grimper les prix, freine la croissance, enfonce les budgets dans le marasme de la dette, et prive les gouvernements de leurs options politiques et de leur autonomie.

La coopération climatique est essentielle pour repousser le double fléau du réchauffement planétaire et du chaos lié au coût des combustibles fossiles.

Les énergies propres offrent sécurité et accessibilité financière, redonnant ainsi leur souveraineté aux nations et à leurs peuples.

La nécessité d’accélérer l’action n’a jamais été aussi évidente.

Et cela exige que nous utilisions tous les outils à notre disposition.

Les négociations en font partie, et elles restent essentielles.

Elles ont abouti à des engagements historiques, notamment lors du premier bilan mondial à la COP  28.

Aujourd’hui, en cette ère de mise en œuvre, nous devons les transformer en projets concrets sur le terrain.

En décomposant les cibles mondiales en étapes réalisables, en y associant des solutions et en les concrétisant.

Afin que, d’ici au deuxième bilan mondial lors de la COP  33, nous soyons en bonne voie pour respecter les engagements pris lors du premier.

Ce processus international permet de suivre les progrès accomplis, de mettre en évidence ce qui fonctionne, et d’identifier les obstacles qui nous freinent.

Il est essentiel de donner à l’Agenda de l’action une place centrale aux côtés des négociations pour accélérer le rythme, pour tirer parti de la dynamique de l’économie réelle et l’accélérer afin de mettre en œuvre les plans nationaux d’adaptation (PNA) et les contributions déterminées au niveau national (CDN).

Année après année, cette voie rapide cruciale de l’Accord de Paris a permis une mise en œuvre à grande échelle.

Elle a mobilisé des milliers de milliards de dollars au sein de l’économie réelle.

Et en poussant des secteurs clés vers des points de bascule positifs, voire au-delà, notamment la transition vers les énergies propres, désormais irréversible.

Aujourd’hui, nous devons libérer tout le potentiel de l’Agenda de l’action à l’échelle mondiale, et ce de manière égale, tant dans le Nord que dans le Sud.

Avec des coalitions de volontaires qui montrent la voie.

Des gouvernements qui stimulent les progrès et encouragent les investissements entre les COP.

Des flux financiers bien plus importants vers les pays en développement.

Et un multilatéralisme climatique à la hauteur du moment que nous vivons.

Cela demande de se concentrer sur les domaines où l’urgence est la plus grande et où notre impact peut être le plus fort et le plus rapide.

Des domaines tels que la modernisation des réseaux électriques accélèrent la transition vers les énergies propres, réduisent plus rapidement la pollution responsable du réchauffement planétaire, et permettent d’échapper au piège économique de la dépendance aux combustibles fossiles.

Le méthane est un gaz à effet de serre extrêmement puissant. Réduire drastiquement ses émissions d’ici à 2030 aura un impact considérable sur le ralentissement du réchauffement climatique.

Les systèmes d’alerte précoce sauvent des vies à très grande échelle.

La moitié de l’humanité vit dans des villes : rendons-les durables.

Et des approvisionnements alimentaires résilients aux changements climatiques, ainsi que la réduction des déchets, sont essentiels pour garantir une alimentation abordable à des milliards de foyers et réduire les gaz à effet de serre.

Selon la FAO, les mesures prises dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture ont le potentiel de réduire d’un tiers les émissions mondiales.

Sur ces questions et d’autres domaines à fort impact, la Présidence turque de la COP  31, en étroite coopération avec l’Australie, nous montre la bonne voie.

En mettant l’accent sur la mise en œuvre et en définissant des thèmes clairs pour l’Agenda de l’action, alignés sur ceux définis avec perspicacité par le Brésil pour guider les progrès vers le deuxième bilan mondial.

Comme l’ont déclaré à l’unanimité toutes les nations lors de la COP  30 : l’Accord de Paris fonctionne, et ensemble, nous le ferons aller plus loin et plus vite.

Ce travail est essentiel pour y parvenir.

Mettons-nous au travail.

Simon Stiell, Secrétaire exécutif d’ONU Climat

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