Les rencontres de l’organisation panafricaine des Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) se sont tenues du
10 au 12 juin à Dakar. Organisés par l’Association des Maires du Sénégal (AMS) et placés sous le haut patronage du président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, les trois événements réunissant les collectivités territoriales du continent que sont, notamment, la 35ème session du Comité exécutif de l’organisation, le colloque international du Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique (REFELA) et l’Assemblée générale élective du REFELA, ont tenu leurs promesses.L’Assemblée générale du REFELA, qui s’est tenue le 12 juin 2026, a connu une forte participation de femmes élues locales issues des cinq régions du continent. Elle a abouti à l’élection de la commune d’Afanloum (membre des Communes et Villes Unies du Cameroun), représentée par Mme Marie Angèle Meyanga, pour diriger le REFELA. Succédant ainsi à la ville de Banjul, qui était représentée à ce poste par Mme Rohey Malick Lowe.
La nouvelle équipe composée de Présidence du REFELA et quatre vice-présidentes à la tête des régions a été élue pour un mandat de trois ans. Pour ce qui est des régions, il s’agit de :
- Afrique de l’Est : L’Union nationale des femmes élues locales de Tanzanie (WASEMI, membre de l’Association des autorités locales de Tanzanie – ALAT), représentée par sa présidente Mme Rehema Ayub Mandingo, désignée vice-présidente du REFELA pour la région Afrique de l’Est ;
- Afrique australe : La Commission des femmes de l’Association sud-africaine des collectivités locales (SALGA), représentée par sa présidente, Mme Nomvuyo Mposelwa, désignée vice-présidente du REFELA pour la région Afrique australe ;
- Afrique du Nord : La commune d’Arbaoua (membre de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux), représentée par Mme Fatna El Khiel, désignée vice-présidente du REFELA pour la région Afrique du Nord ;
- Afrique de l’Ouest : La vice-présidente du REFELA pour la région Afrique de l’Ouest sera désignée ultérieurement par le caucus régional du REFELA.
La nouvelle équipe a été élue pour un mandat de trois ans.
Le REFELA, le leadership féminin et la gouvernance
Le colloque international du REFELA, tenu le 11 juin 2026 a eu pour thème : « Leadership des Femmes Élues Locales et Gouvernance des Ressources ». Ouvert officiellement par le ministre sénégalais de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, il a eu à enregistrer les allocutions de personnalités comme Mme Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Ministre de la Famille et des Solidarités ; M. Oumar Ba, Président de CGLU Afrique et de l’AMS ; Mme Rohey Malick Lowe, Présidente sortante du REFELA Afrique, Maire de Banjul (Gambie) ; Mme Katja Roeckel, Directrice de la GIZ Sénégal ; Mme Thérèse Diouf Faye, Présidente du REFELA Sénégal et M. Magueye Ndiaye, Maire de Ngor.
Pour le ministre Fofana, « le développement de nos territoires ne peut être pensé, conçu et réalisé sans les femmes. Il n’existe pas de gouvernance performante lorsque la moitié des talents d’une nation demeure insuffisamment représentée dans les espaces de décision ». Une posture renforcée par sa collègue Mame Selbé Diouf pour qui, « la participation pleine et effective des femmes aux processus de décision constitue à la fois un impératif démocratique et un levier stratégique de développement territorial équilibré et d’inclusion sociale ».
Abondant dans le même sens, le Président de CGLU Afrique, le Sénégalais Oumar Ba pense que « l’une des plus grandes richesses de l’Afrique, ce sont ses femmes ». Pourtant, précise-t-il, « leurs contributions essentielles restent encore insuffisamment reconnues et valorisées. Pour M. Ba, « les campagnes menées par le REFELA en faveur de la lutte pour l’autonomisation des femmes, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la protection des enfants, démontrent que les collectivités territoriales peuvent être de véritables moteurs de transformation sociale ».
L’autre fait des rencontres de Dakar a été le panel de haut niveau qui portait sur : « Femmes Élues Locales et Gouvernance des Ressources : Quelles réformes pour un accès équitable au foncier, au financement et aux opportunités de développement ? ». D’éminentes intervenantes comme l’Honorable Me Aïssata Tall Sall, Députée et ancienne ministre sénégalais ; le Pr Amsatou Sow Sidibé, Agrégée en sciences juridiques et politiques, Présidente du Comité sénégalais des droits de l’homme ; l’Honorable Fatoumatta Njai, membre de l’Assemblée nationale gambienne, Vice-présidente du Caucus des femmes au Parlement panafricain (Gambie) et l’Honorable Rose Marie Bangoura, Députée en Sierra Leone et Vice-présidente du Caucus de l’Afrique de l’Ouest au Parlement panafricain, ont, à cette occasion, inspiré l’audience.
Après quatre sessions d’ateliers portant sur le leadership féminin, la gouvernance des ressources naturelles, l’accès aux financements durables et l’inclusion sociale, la Déclaration de Dakar a été adoptée le 11 juin 2026. Cette déclaration marque, selon le communiqué final, un tournant pour la gouvernance locale en Afrique, affirmant qu’aucun développement durable ne se fera sans une implication pleine, entière et équitable des femmes.
Focus sur les quatre points majeurs de la Déclaration de Dakar
1. Une feuille de route ambitieuse pour la parité (2026-2030) : La Déclaration de Dakar pose un cadre d’action clair pour la fin de la décennie en exigeant l’application stricte de la parité dans toutes les institutions publiques, nationales comme locales. Face à la sous-représentation des femmes, le REFELA s’engage concrètement à créer une Académie africaine du leadership féminin local et un programme de mentorat continental.
2. Levier économique et budgétisation sensible au genre : L’autonomisation financière est affirmée comme la condition sine qua non d’un développement durable. Les élues locales appellent à des financements accrus pour l’entrepreneuriat féminin. Côté gouvernance, elles exigent la généralisation de budgets locaux sensibles au genre et s’engagent à lancer une plateforme africaine d’accès aux financements durables.
3. Justice climatique et résilience des territoires : Parce que les femmes sont les premières impactées par les crises environnementales, la déclaration place l’écologie au centre de ses priorités. Elle réclame une intégration systématique du genre dans les politiques climatiques, un meilleur accès des collectivités aux financements verts, et annonce la création d’un Réseau africain des femmes élues pour le climat.
4. Un mécanisme de suivi rigoureux et transparent : Pour s’assurer que ces engagements soient tenus, un dispositif d’évaluation strict est instauré :
- Le déploiement d’un Tableau de bord africain du leadership féminin local.
- La publication d’un rapport continental biennal.
- La création d’un Prix africain pour récompenser les collectivités territoriales les plus exemplaires en matière d’égalité de genre.
Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) est l’organisation faîtière des collectivités territoriales d’Afrique. Fondée en 2005 à Tshwane (Afrique du Sud), elle regroupe aujourd’hui 17 000 collectivités locales au sein de 51 associations nationales. Elle est la section régionale de l’organisation mondiale CGLU. Le siège de CGLU Afrique est situé à Rabat, capitale du Royaume du Maroc, où elle bénéficie du statut diplomatique. Elle dispose également de 5 bureaux régionaux à travers le continent.







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