Un rapport de l’ONU estime que les émissions mondiales devraient baisser de 6% d’ici 2035, alors que le GIEC préconisait une baisse de 43% pour atteindre les objectifs.
L’ONU a estimé, mardi 27 octobre, que les récents engagements pris par les nations en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne permettraient qu’une baisse de 6% d’ici 2035, un chiffre très insuffisant pour l’atteinte des objectifs climatiques alors que les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record l’an dernier.
«Les niveaux mondiaux totaux d’émissions de GES (…) qui résulteront de la mise en œuvre des nouvelles feuilles de route climatiques devraient atteindre un pic puis diminuer d’ici à 2035, pour se situer, en moyenne, à 6% en dessous des niveaux de 20
19», indique un nouveau rapport des Nations Unies, à moins de deux semaines de l’ouverture de la COP31 à Antalya.Et même si les pays mettaient pleinement en œuvre leurs plans ainsi que leurs objectifs conditionnels, la baisse des émissions n’atteindrait que 9%. Le dernier rapport du GIEC, publié en 2023, indiquait que pour espérer contenir à 1,5°C la hausse des températures d’ici la fin du siècle – l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris – il était nécessaire de diminuer les émissions mondiales de 43% en 2030 et 60% en 2035 par rapport à 2019.
Gaz à effet de serre record
Selon le bulletin annuel de l’Organisation météorologique mondiale sur les gaz à effet de serre, les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) ont battu des records l’an dernier.
En 2025, la concentration moyenne mondiale de CO2 était de 426,8 parties par million, soit 153% de la valeur préindustrielle de 1750. La concentration de CH4 était de 1948 parties par milliard (267% du niveau de 1750). Et celle de N2O a atteint 339,1 parties par milliard en 2025, soit 126 % du niveau de 1750.
En retenant une quantité de chaleur sans précédent dans l’atmosphère, les gaz à effet de serre alimentent l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.
Dans son rapport l’an dernier, l’ONU anticipait une baisse de 10% des émissions d’ici 2035, mais c’était avant la prise en compte du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et alors que beaucoup de pays n’avaient pas encore publié leurs nouveaux engagements climatiques (NDC). Cette année, le rapport se base sur les NDC de 154 pays, représentant environ 70% des émissions mondiales.
Ce rapport «nous rappelle une fois de plus les vents contraires auxquels nous sommes confrontés actuellement», a réagi Simon Stiell, responsable de l’ONU Climat. Même si «les nations restent fermes et vont de l’avant», ces chiffres «démontrent une nouvelle fois que les progrès collectifs restent clairement insuffisants», ajoute-t-il.
Légende photo : Les États-Unis représentent environ 12% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, faisant d’eux le deuxième plus gros émetteur après la Chine. Getty Images via AFP
Avec l’AFP
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