Lutte contre la pêche Inn: les bons points du projet Global Toolkit de EJF à Pointe Sarène

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Le secteur de la pêche au Sénégal occupe une place stratégique dans l’économie nationale et la sécurité alimentaire. Si les produits de la mer constituent une source essentielle de protéines pour la population, les activités de pêche, elles, génèrent d’importants revenus et emplois pour les communautés côtières. Dans un tel contexte, la promotion de la transparence, de la collecte de données fiables et de la participation des acteurs locaux, constitue un levier fondamental pour améliorer la gestion durable des pêcheries. L’utilisation d’outils numériques comme l’application DACE s’inscrit, selon le Chargé de campagne Océan et responsable pays Afrique francophone, Sénégal à EJF (Environmental Justice Foundation), Bassirou Diarra, dans cette dynamique, en facilitant la collecte, la structuration et le suivi des données liées aux activités de pêche artisanale.

D’ailleurs, une mission d’imprégnation organisée, le jeudi 9 juillet, sur le site pilote de Pointe Sarène, avec l’appui de EJF, a permis à un groupe d’acteurs de la presse, de mieux appréhender les enjeux liés à la surveillance participative, à la transparence et à la gestion des ressources halieutiques.

Basée à Dakar et intervenant dans la protection de l’environnement de façon globale, EJF s’intéresse, pour le cas du Sénégal, au secteur de la pêche, plus particulièrement dans la surveillance participative, mais aussi dans les questions liées à la transparence et aussi l’accompagnement des communautés de pêche, que ce soient les femmes transformatrices, les pêcheurs et les mareyeurs.

Sur financement de l’Union européenne, EJF a lancé le projet Global Toolkit dont l’intervention est orientée vers trois axes : Le premier axe concerne le renforcement de la surveillance participative. « Donc, nous sommes venus en appui à ces CLPA, c’est-à-dire les commissions de surveillance. Et dans le cadre de cet appui-là, nous avons doté les CLPA d’une application qui s’appelle DASE, qui est un outil qui est utilisé pour documenter tout ce qui est pêche INN, comme les incursions dans des zones interdites, le manque de permis de pêche, entre autres », souligne Gilbert Waly Ndiaye, chargé de programme au niveau de EJF Senegal.

Le second axe du projet concerne le renforcement des CLPA à travers des activités de plaidoyer, pour que les acteurs puissent prendre en charge les problèmes dont ils font face. Il y a aussi des activités liées, par exemple, au leadership, pour au moins mieux outiller les acteurs pour qu’ils puissent participer à la gouvernance des pêches.

Last but not least, le troisième et dernier axe est orienté vers le renforcement des organisations nationales comme l’ADEPA, le REFEPAS, avec l’accompagnement des femmes sur des questions liées à la surveillance participative.

Comme l’a souligné l’Inspecteur régional des Pêches de Thiès, Ibrahima Lo, l’appui de EJF a permis de suivre un peu l’importance, l’ampleur de la pêche INN, avec des photos, des prises de vues directement envoyées à la Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches (DPSP). L’analyse des données favorisant un meilleur contrôle et un dispositif pertinent pour mieux appréhender les contrevenants.

Pour M. Lo, dans une localité comme Pointe-Sarène, où on pense immédiatement à la pêche, une activité qui contribue fortement à l’économie locale, un tel projet ne peut être que le bienvenu. D’autant plus qu’il s’agit d’une zone de nurserie ou les poissons se reproduisent et grandissent. Une zone dans laquelle, si les pécheurs autochtones sont très au fait de cette situation, pour les allochtones, c’est tout autre. Leur seule préoccupation c’est de pécher presque tout ce qu’ils croisent sur leur chemin. Maintenant, avec l’arrivée du projet, tout porte à croire que la tendance s’est renversée.

Ce que le Global Toolkit a apporté au CLPA de Pointe Sarène

« Avant, c’était la pêche aux juvéniles, la pêche à la scène tournante. Même au niveau de la qualité des produits, il manquait beaucoup de choses. Maintenant, on a pu améliorer la taille des captures », souligne l’inspecteur Lo. Avant d’ajouter : « On est passé de juvéniles à espèces de tailles marchandes, c’est-à-dire de 22 à 23 centimètres. On est passé de la caisse de sardinelles de 4000 à des prix qui oscillent entre 22 et 27000 francs ».

« Le projet a été mis sur pied par EJF et nous avons travaillé pendant

18 mois avec deux CLPA, Sindia Nord et Sindia Sud. Aujourd’hui, nous sommes à Sindia Sud, au niveau de Pointe-Sarène, dans le cadre d’une visite de capitalisation », explique M. Ndiaye. Avant d’ajouter : « Comme je l’ai dit à l’entente de mes propos, DASE est un outil qui aide à documenter des cas de pêche inn à travers la photographie. L’avantage est qu’au-delà de la simple photo, s’ajoute un élément enrichissant que sont les coordonnées GPS. Cela permet de préciser la zone dans laquelle l’infraction a été commise. Si c’est un cas d’incursion, pour pouvoir dire que ce navire ou bien cette pirogue a été dans une zone interdite, il va falloir géolocaliser cela. Au-delà de ça, il y a par exemple le fait qu’il y a l’heure, il y a la date ».

Cerise sur le gâteau, ces informations tombent automatiquement dans une base de données utilisées par les services des Pêches pour éclairer la décision.

« Parmi les infractions, celles qui reviennent le plus sont : le non-port de gilets et la capture des juvéniles. Ce sont deux éléments qui reviennent très souvent au niveau des 15 sites couverts par le projet. Suit aussi un cas d’incursion », note Gilbert Waly Ndiaye.

Mbaye Sarr, Coordonnateur du CLPA de Sindia Sud qui regroupe les cinq localités que sont Mballing, Warang, Nianing, Pointe Sarene et Mbodiène, toutes rattachées au poste de contrôle de Pointe Sarene, ne peut qu’exprimer sa satisfaction. Pour lui, les résultats du projet sont inestimables. Il cite comme exemple la surveillance participative avec la cogestion qui permet d’associer tous les acteurs (autochtones, allochtones, services des pêches). « Si on a réussi cela, on le doit à EJF », estime-t-il.

Avec l’impact du projet, les acteurs ne demandent aujourd’hui rien d’autre que le maintien de la cadence, voir même accentuer tout ce qui est surveillance participative et surtout la lutte contre la pêche INN et la préservation aussi de l’environnement.

Espacedev

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