Sommet sur la résilience climatique en Afrique de l’Ouest : Dakar au centre des dynamiques régionales

Placé sous le thème « De la crise climatique à la résilience climatique : les voies à suivre pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel aux niveaux local et régional », le Sommet sur la résilience climatique en Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Dakar les 23 et 24 mars 2026.

Co-organisé par l’Académie Pontificale des Sciences, l’Académie Pontificale des Sciences Sociales, le Centre de Suivi Écologique et AKADEMIYA 2063, cet événement a réuni un large éventail d’acteurs, de décideurs publics, d’autorités locales, de chercheurs, des leaders religieux, des organisations internationales et des représentants de la jeunesse. L’objectif commun est d’arriver à co-construire des réponses structurées, inclusives et fondées sur la science face aux défis climatiques.

Les travaux ont porté notamment sur le renforcement de la planification territoriale et des politiques publiques ; la promotion de solutions fondées sur la nature ; le développement de mécanismes de financement pour la résilience et, enfin, sur le renforcement des capacités des acteurs locaux.

Ce sommet, selon le CSE, s’inscrit dans une dynamique internationale visant à adapter les cadres globaux aux réalités régionales, et ambitionne de contribuer à l’élaboration de feuilles de route opérationnelles pour une résilience climatique durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

L’édition de Dakar vise à promouvoir le dialogue politique de haut niveau pour renforcer la résilience climatique, en mettant l’accent sur l’inclusion et les perspectives de diverses parties prenantes – notamment les jeunes – sur la science et l’action climatique. Selon Pr Cheikh Mbow, Directeur général du CSE, « c’est à juste titre que ce dialogue historique se tient au Sénégal, un pays qui a mis en place un cadre stratégique solide, fortement axé sur l’adaptation dans les secteurs de l’agriculture, de la protection du littoral et des énergies renouvelables ».

A l’en croire, « ces priorités se reflètent dans la nouvelle stratégie de développement du Sénégal, Vision Sénégal 2050 – Agenda National de Transformation, et dans le Plan National d’Adaptation du secteur de l’agriculture aux changements climatiques horizon 2050, visant à renforcer la résilience ». Toutes choses qui poussent le Pr Mbow à affirmer qu’il est essentiel de renforcer les connaissances en matière d’action climatique durable afin de garantir des politiques fondées sur la science et ancrées dans les réalités locales.

A ce sujet, le Cardinal Peter Turkson,Chancelier de l’APS et de l’APSS, déclare que « le changement climatique nous affecte tous et personne n’est à l’abri de ses conséquences profondes. L’Afrique, cependant, en subit les effets de manière disproportionnée (cf. « Climate apartheid » de Desmond Tutu). Les communautés confessionnelles s’accordent sur le fait que nous devons réagir en mobilisant l’expertise du continent et en favorisant le dialogue pour élaborer des solutions intégrées et efficaces afin de protéger la création ».

Face à la crise climatique mondiale, l’APS et l’APSS encouragent une approche ascendante inédite et pointue de la résilience. Cette initiative de résilience climatique a été lancée lors d’un sommet international qui s’est déroulé à la Casina Pio IV au Vatican et a abouti à un appel à l’action signé par le Pape François, ainsi que par des chercheurs, des décideurs politiques et des leaders de diverses communautés religieuses. Dans le cadre de cet appel à l’action, l’APS et l’APSS organisent une série de sommets régionaux à travers le monde afin de catalyser une action coordonnée à l’échelle locale et mondiale dans un cadre commun de résilience. À ce jour, cinq sommets ont été organisés sur quatre continents, en Autriche, au Brésil, au Kenya et aux États-Unis. Le travail se poursuit sous la direction du Pape Léon XIV.

Le concept de résilience climatique est ancré dans la stratégie AATS : Atténuation, Adaptation et Transformation Sociétale. Il met l’accent sur la connexion entre les contextes régionaux, l’engagement communautaire, la collaboration mondiale, la science et les solutions fondées sur la nature, tout en débloquant les financements, les assurances, l’équité et la justice. Ce cadre mondial, conçu pour être adapté aux niveaux locaux dans le monde entier, s’appuie sur l’expertise des maires, des gouverneurs, des chercheurs régionaux et des professionnels les plus au fait de l’urgence des impacts climatiques.

Constatant que « l’année 2023 figure parmi les plus chaudes jamais enregistrées, dépassant probablement les records de paléo-températures remontant à 125 000 ans », Prof. Marcelo Suárez Orozco, Chancelier de l’Université du Massachusetts à Boston et membre du conseil de l’APSS, a déclaré que « le changement climatique est une réalité dynamique ; nous devons nous efforcer d’accélérer les actions en faveur d’un environnement durable et d’un avenir résilient ». Il a également indiqué que « pour renforcer la résilience des populations et des écosystèmes face aux pressions climatiques croissantes, nous devons autonomiser les communautés locales et conjuguer les savoirs traditionnels et des approches interdisciplinaires fondées sur la science. Cette intégration n’est pas seulement essentielle à la résilience climatique au niveau local ; elle constitue aussi la voie décisive vers un avenir juste et durable. »

Partant du principe que « les mesures d’adaptation aux changements climatiques et de durabilité exigent une gestion plus judicieuse des ressources biologiques et écologiques, ainsi que des

politiques de renforcement de la résilience dans l’ensemble des secteurs », Dr Ousmane Badiane,  Président d’AKADEMIYA2063, a déclaré : « le Sommet sur la résilience climatique en Afrique de l’Ouest offrira aux acteurs climatiques régionaux et  mondiaux une plateforme pour explorer les pistes de renforcement des capacités et de partage  des bonnes pratiques pour la mise en œuvre locale des solutions de résilience climatique, en  mettant l’accent sur la planification régionale et locale, l’adaptation et le financement. »

Ce Sommet de deux jours réunira un large éventail de parties prenantes — notamment des décideurs politiques, des maires, des scientifiques et des chercheurs de renom, des leaders des communautés chrétiennes et islamiques, des représentants de la jeunesse et de la société civile — offrant ainsi une plateforme interdisciplinaire où convergent les sciences du climat, les sciences sociales, les politiques publiques, le monde des affaires et les communautés religieuses.

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